De l’autre côté au n°48, nous voyons l’ancien marché des Blancs-Manteau qui date de 1819 et est désormais une salle d’exposition. Dirigeons vous vers lui. Passons maintenant à l’arrière du marché en empruntant la rue des blancs manteaux. Voilà, regardons, en face, légèrement sur la gauche, la bizarre fontaine des boucheries, derrière le marché, au 8 (et non pas 4) rue des hospitalières Saint-Gervais avec ses têtes de bœuf sculptées, de style assyrien et ornées de guirlandes. Puis tournons le dos à la rue Vielle du Temple, et prenons maintenant sur la droite la rue des Hospitalières Saint-Gervais, et descendons-la jusqu’à la rue des Rosiers. Nous sommes maintenant à l’angle de la rue des Rosiers, au cœur du quartier juif du Marais : une petite communauté juive s’y était établie dès le 13e siècle. Puis elle a été dispersée lors de l’expulsion ordonnée par Philippe Le Bel en 1394, et la synagogue médiévale a disparu quelques années après. Une nouvelle population juive, venue d’Europe centrale et de Russie, s’y est établie au 19e siècle. Vous allez prendre la rue des Rosiers sur notre gauche : nous y verrons des restaurants, des pâtisseries, ainsi que des magasins de livres et d’objets de piété. Les maisons, 17e-18e pour la plupart, sont d’une architecture assez simple. Puis arrêtons-nous à l’angle de la rue des Rosiers et de la rue Pavée et prenons-la sur votre gauche et faisons une halte devant le n°24. Voilà, nous sommes devant l’hôtel de Lamoignon, siège de la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris. L’hôtel date de la fin du 16e siècle, et présente une architecture monumentale avec des pilastres d’ordre colossal. « Colossal » veut dire s’élevant sur plus d’un étage : ici sur toute la hauteur de la façade. Levons les yeux et regardons les frontons dont les corniches sont interrompues par des fenêtres : ces bizarreries sont là des caractéristiques de la phase finale de la Renaissance, qu’on appelle le Maniérisme. Et comme tout l’art de la Renaissance, cette phase apparaît en France bien plus tard qu’en Italie. Les sculptures des frontons font allusion à la chasse : des têtes de cerf, des chiens, on y voit aussi des croissants de lune, emblème de Diane, déesse de la chasse : l’hôtel a en effet été construit pour Diane de France, duchesse d’Angoulême, fille naturelle d’Henri 2. L’aile gauche est plus récente : elle date des années 1620, période où l’hôtel appartenait à Charles de Valois, bâtard, quant à lui, de Charles 9 et de Marie-Touchet que nous avons évoqué précédemment !

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