Allez ensuite jusqu’au bout de la rue des Lions. À gauche s’ouvre la rue Beautreillis, emplacement présumé des vignes de l’hôtel Saint-Paul. Les vignes étaient portées par des treillis, d’où le nom de la rue. Empruntez là sur quelques mètres avant de vous engager à gauche dans la rue Charles 5. De nouveau, de belles façades de style classique vous y attendent. Mais ne vous y trompez pas. Le crime et le meurtre ont parfois élu domicile derrière ces murs en apparence si respectables. Ainsi, au numéro 12, c’est l’une des plus illustres empoisonneuses de tous les temps qui s’y livra à ses coupables activités. Fille d’un notable parisien, la jeune Marie-Madeleine de Dreux-d’Aubray épousa en 1651 le marquis de Brinvilliers; homme respectable, s’il en fut, mais fort ennuyeux selon certains. Avec l’aide de son amant, le chevalier Godin, qui la consolait des rigueurs de son époux, elle expérimenta sur sa belle famille les vertus de «la poudre de succession » aux effets infaillibles. Devant la multiplication des décès dans l’entourage de la belle marquise, des soupçons de plus en plus précis d’empoisonnement virent le jour. Finalement arrêtée, jugée et reconnue coupable, elle fut décapitée puis brûlée place de grève, actuellement place de l’Hôtel de Ville. Laissons pour finir la parole à la marquise de Sévigné, sa voisine de la rue des lions : « Enfin, c’en est fait !!, la Brinvilliers est en l’air: son pauvre petit corps a été jeté, après l’exécution, dans un fort grand feu, et ses cendres : au vent ! De sorte que nous la respirons et qu’il va nous prendre quelque humeur empoisonnante dont nous serons tous étonnés» Inutile de s’attarder pour vérifier les prédictions de Madame de Sévigné ! Et dans le doute, regagnons vite la rue Saint-Paul que nous apercevons là-bas au bout de la rue Charles V. En tournant à droite, vous retrouverez aisément le chemin de l’église Saint-Paul Saint-Louis, havre de sainteté et de piété.

Monuments de Paris
Rares sont les villes à






