Construite en grès jaune provenant de Rouffach, la Cathédrale de Colmar a aquis ce statut durant la Révolution et était auparavant une Collégiale consécrée à Saint-Martin. De style gothique, elle a été bâtie entre le 13ème et le 14ème siècle. La tour culmine à 71 mètres de haut, et a été reconstruite après l’incendie de 1572 dans un style Renaissance. La façade occidentale, plutôt simple, est entourée par d’énormes contreforts. Seulement le portail central possède des éléments sculptés. Au faîte, vous apercevrez une statue de Saint Martin coupant son manteau de soldat romain en deux pour en donner la moitié à un pauvre. Le portail sud est dédié à Saint-Nicolas. Il marque la transition entre l’art Roman et Gothique. La partie basse du tympan montre Saint-Nicolas entouré à sa droite de trois jeunes filles qu’il a sauvé d’un sombre destin, leur père étant ruiné et ne pouvant fournir de dot. A sa gauche, trois jeunes hommes, représentant probablement le miracle de la résurrection de trois enfants perdus en forêt et hébergés par un boucher qui s’empressa de les tuer et de les mettre au saloir. Sur la voussure extérieure, la quatrième statue en partant de la gauche représente Maistre Humbret, architecte du portail, tenant une équerre.
Autrefois collégial consacré à Saint Martin, la Cathédrale de Colmar n’a acquis ce statut que durant la Révolution Française. Edifiée entre le XIIIème et le XIVème siècle, elle est construite en grès jaune provenant de Rouffach dans un style gothique bien à elle. Seule sa tour culminant à 71 mètres est de style Renaissance car reconstruite après l’incendie de 1572. Un symbole s’y dresse marquant la transition entre l’art roman et l’art gothique avec le portail sud qui est dédié à Saint Martin. Toutes les statues et sculptures sont représentatives de scènes d’une beauté irréprochable. Amusez vous à les contempler et partez dans les couloirs du temps à la rencontre d’une époque marquée par une prédominance artistique.
La cathédrale Saint-Martin de Colmar, chef-d’œuvre gothique et mémoire de la ville
Dans le cœur vibrant du centre historique de Colmar, la cathédrale Saint-Martin se dresse avec la noblesse minérale de ses pierres ocre et dorées. Ce monumental édifice religieux, souvent encore appelé “collégiale” par les habitants, est l’un des plus grands et des plus beaux exemples du gothique alsacien. Elle incarne l’âme architecturale de Colmar, entre spiritualité, artisanat médiéval et mémoire populaire.
Une histoire complexe entre collégiale et cathédrale
Construite entre 1235 et 1365, la cathédrale Saint-Martin était à l’origine une collégiale, c’est-à-dire une église desservie par un collège de chanoines. Ce n’est qu’à l’époque de la Révolution française, en 1792, qu’elle acquiert le statut de “cathédrale”, non pas en tant que siège d’un évêque (Colmar n’ayant jamais été évêché), mais par substitution au titre religieux du diocèse supprimé de Bâle.
Cette singularité historique en fait un édifice à part dans le paysage religieux alsacien : plus cathédrale par son allure que par sa fonction originelle, elle reste aujourd’hui le centre spirituel de la ville et un témoin majestueux de la richesse architecturale médiévale.
Une architecture de transition : entre roman tardif, gothique rayonnant et Renaissance
Construite en grès jaune de Rouffach, qui lui donne cet éclat doré particulier au soleil couchant, la cathédrale présente un plan en croix latine avec nef centrale, bas-côtés, transept et chevet à déambulatoire.
La façade ouest, volontairement sobre, est encadrée par de puissants contreforts qui expriment toute la tension verticale du gothique. Seul le portail central est orné de sculptures : une statue de Saint Martin trône au sommet, le représentant dans son geste emblématique de charité, partageant son manteau avec un mendiant.
La tour de 71 mètres, qui surplombe la ville, est le fruit d’une reconstruction postérieure : l’incendie de 1572 ayant détruit la flèche d’origine, elle est rebâtie dans un style Renaissance, formant un couronnement d’une élégance sobre et géométrique, contrastant harmonieusement avec l’élan gothique des parties basses.
Un portail sud riche en symboles : la mémoire sculptée du peuple
Le portail sud, souvent moins remarqué que la façade principale, est pourtant l’un des joyaux les plus subtils de l’art médiéval alsacien. Il est consacré à Saint Nicolas, protecteur des enfants et des marins, mais aussi figure populaire dans toute l’Europe chrétienne.
Ce portail est un point de bascule stylistique entre le roman tardif et le gothique naissant :
-
Le tympan inférieur représente deux épisodes célèbres de la vie de Saint Nicolas : à droite, les trois jeunes filles dont le saint sauva l’honneur en leur procurant une dot ; à gauche, les trois enfants ressuscités après avoir été tués par un boucher — légende devenue célèbre grâce au chant “Ils étaient trois petits enfants…”.
-
La voussure extérieure est remarquable : la quatrième statue à gauche représente Maistre Humbret, l’architecte du portail, tenant une équerre dans sa main, dans un rare hommage à l’artisan créateur, dans une époque où les noms d’architectes étaient rarement immortalisés.
L’ensemble est à lire comme un livre de pierre, où chaque figure, chaque détail, chaque drapé de tunique ou expression faciale renvoie à une symbolique sociale, spirituelle ou morale du XIIIe siècle.
Un intérieur sobre, lumineux et acoustique
À l’intérieur, l’impression est celle d’une verticalité apaisée : les voûtes gothiques s’élèvent sans pesanteur, portées par des colonnes élancées. Le chœur est lumineux, rehaussé de vitraux restaurés, dont certains conservent des fragments originaux du XIVe siècle. On y trouve également :
-
Une chaire sculptée du XVIIIe siècle, de belle facture baroque.
-
Un grand orgue Silbermann, restauré, utilisé pour des concerts prestigieux.
-
Des fresques anciennes mises au jour lors de travaux de conservation.
L’espace invite autant au silence qu’à la contemplation, et c’est dans cette relative sobriété que l’on mesure l’équilibre entre force architecturale et humilité religieuse.
La cathédrale dans la vie colmarienne
Aujourd’hui, la cathédrale Saint-Martin reste au cœur de la vie religieuse et culturelle de Colmar : elle accueille offices, concerts d’orgue, festivals de musique classique, ainsi que les grandes célébrations liturgiques du diocèse de Strasbourg pour la Haute-Alsace.
Située sur la place de la Cathédrale, entourée de maisons colorées, de brasseries et de ruelles piétonnes, elle est aussi un repère architectural fort pour le visiteur. La montée de la tour n’est pas ouverte au public, mais l’observation extérieure des détails sculptés et des gargouilles, à l’aide d’une longue-vue ou d’un appareil photo avec zoom, révèle une richesse iconographique souvent négligée.
Conseils de visite
-
Horaires : L’accès est libre en journée ; fermeture pendant les offices.
-
Visites guidées : Disponibles via l’office de tourisme de Colmar, ou lors des Journées du Patrimoine.
-
À ne pas manquer : la contemplation du portail sud à différentes heures de la journée pour profiter des jeux de lumière sur le grès.
-
Accès : En plein centre historique, à 10 minutes à pied de la gare ; parkings périphériques avec navettes gratuites.
Un témoin de pierre entre foi, art et mémoire
La cathédrale Saint-Martin de Colmar n’est pas seulement un monument religieux : c’est un livre ouvert sur l’histoire médiévale de l’Alsace, une œuvre d’art à taille humaine, où la spiritualité, l’artisanat et l’ingéniosité technique se conjuguent dans un langage de pierre et de silence. Elle incarne, mieux que tout autre édifice local, l’alliance de la puissance du gothique et de la chaleur de la cité rhénane. Un détour incontournable pour comprendre Colmar dans sa profondeur historique et poétique.
