L’avenue relie l’Arc de triomphe au Trocadéro. Elle porte le nom de Kleber, personnage au parcours professionnel quelque peu inhabituel. Après une formation au métier d’architecte en 1775, il entre à l’?ole militaire en 1777 et rejoint l’armée autrichienne. Il démissionne en 1785 pour se faire intendant des bâtiments publics à Belfort. Il participa ensuite à la campagne d’?ypte avec Napoléon Bonaparte. Au n19 se trouve l’hôtel Majestic de Sibien (1908). A proximité L’arc de triomphe et les Champs Elysées Le Trocadéro et la Tour Eiffel
Une avenue monumentale entre Arc de Triomphe et Trocadéro
L’avenue Kléber est l’une des grandes artères rayonnant depuis l’Arc de Triomphe, au cœur du 16ᵉ arrondissement. Large, majestueuse et parfaitement rectiligne, elle s’étire jusqu’à la place du Trocadéro, offrant une liaison naturelle entre deux des sites les plus emblématiques de Paris : le haut des Champs-Élysées d’un côté, et la Tour Eiffel en toile de fond de l’autre.
Flanquée de façades haussmanniennes monumentales, d’hôtels particuliers discrets, de résidences diplomatiques et de grands hôtels, l’avenue Kléber incarne le Paris bourgeois du Second Empire, avec ses volumes équilibrés, ses perspectives impeccables et son ambiance feutrée, très différente de la trépidation commerciale des Champs-Élysées voisins.
Kléber, un nom chargé d’histoire
L’avenue porte le nom de Jean-Baptiste Kléber (1753–1800), général de la Révolution française, dont le parcours fut aussi original que brillant. Issu d’un milieu modeste, il commence par étudier l’architecture en 1775, à Strasbourg. Deux ans plus tard, il intègre l’école militaire de Munich puis sert quelque temps dans l’armée autrichienne. En 1785, il quitte la vie militaire pour devenir intendant des bâtiments publics à Belfort, revenant ainsi à sa première vocation architecturale.
La Révolution de 1789 change son destin : il rejoint l’armée française et se distingue rapidement lors des campagnes de Sambre-et-Meuse, puis à Mayence, Vendée et Allemagne. Son sens tactique, sa loyauté et sa rigueur lui valent la confiance de Bonaparte, qui l’emmène en 1798 dans la campagne d’Égypte. Kléber y prend le commandement après le départ de Napoléon, mais il est assassiné au Caire en 1800. Son nom est gravé sur l’Arc de Triomphe, et c’est en sa mémoire que cette avenue reçoit son nom.
Une avenue au style haussmannien sobre et majestueux
Percée lors des grands travaux du baron Haussmann sous Napoléon III, l’avenue Kléber illustre parfaitement le modèle parisien du XIXᵉ siècle : largeur généreuse, arbres plantés en alignement, trottoirs spacieux, immeubles en pierre de taille ornés de balcons filants et de ferronneries raffinées. Le bâti y est plus homogène que sur d’autres avenues haussmanniennes, renforçant cette impression d’ordre et d’élégance.
L’avenue est également bordée de représentations diplomatiques (ambassades et consulats), ce qui lui confère une atmosphère feutrée, presque institutionnelle. On y croise des diplomates, des voyageurs de luxe, des flâneurs bien habillés et des promeneurs discrets, attirés par la sérénité des lieux.
L’hôtel Majestic, au n°19 : un chef-d’œuvre de 1908
Au numéro 19, se dresse l’ancien hôtel Majestic, œuvre de l’architecte Sibien, construit en 1908. Ce somptueux édifice, à la façade sobre mais monumentale, est aujourd’hui connu sous le nom de The Peninsula Paris, un palace contemporain installé dans un bâtiment chargé d’histoire.
L’immeuble a tour à tour servi de siège du ministère de la Guerre, de quartier général des forces allemandes pendant l’Occupation, puis d’annexe de l’UNESCO. Après une rénovation spectaculaire achevée en 2014, il est devenu l’un des plus beaux hôtels de luxe de Paris, avec terrasse panoramique, salons historiques, et décoration d’exception. La brasserie Kléber, située sous une verrière restaurée, vaut le détour même sans être client de l’hôtel.
Une promenade entre monuments iconiques
L’un des plaisirs de l’avenue Kléber est qu’elle se parcourt entièrement à pied, sur une distance d’environ 1,3 km. En partant de l’Arc de Triomphe, vous pouvez descendre l’avenue en observant les détails architecturaux, puis déboucher sur la place du Trocadéro, d’où l’on bénéficie de l’une des plus belles vues sur la Tour Eiffel, notamment au coucher du soleil.
Tout au long de l’avenue, de discrets passages mènent vers des cours intérieures, des hôtels de luxe ou des écoles privées. Le promeneur attentif y trouvera des plaques commémoratives, des jardins dissimulés et des portails en fer forgé derrière lesquels se cache le Paris intime.
À proximité immédiate : entre culture et panorama
L’avenue Kléber offre un excellent point de départ ou d’arrivée vers plusieurs sites majeurs :
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L’Arc de Triomphe, bien sûr, monument napoléonien incontournable, avec sa terrasse panoramique accessible en ascenseur ou escalier.
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Le Trocadéro, ses jardins, ses fontaines, et le Palais de Chaillot, qui abrite le musée de l’Homme, le musée national de la Marine et la Cité de l’architecture et du patrimoine.
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La Tour Eiffel, à 10 minutes à pied à travers les jardins du Trocadéro ou en descendant vers le Champ-de-Mars.
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Le Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris, à deux rues de là.
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Les Champs-Élysées, en remontant vers le nord-est, avec boutiques de luxe, cinémas et galeries.
Une avenue pour l’œil attentif et l’esprit curieux
Loin de l’agitation touristique qui l’encadre, l’avenue Kléber offre un équilibre rare entre monumentalité et calme, luxe discret et patrimoine méconnu. Elle mérite qu’on l’arpente lentement, en observant les corniches, les enseignes sculptées, les détails en ferronnerie, les intérieurs d’hôtel visibles depuis les halls. C’est une avenue où l’histoire s’inscrit dans la pierre sans tapage, où l’on sent encore le poids des siècles et l’élégance d’un Paris intemporel.







