Et maintenant, pour ceux qui le désirent, nous vous conseillons d’écouter l’histoire de la ville. Bien sûr, ceux qui souhaitent l’écouter plus tard peuvent déjà gagner le chapitre suivant. Mais sinon, alors voilà : son histoire est bien sûr très liée à celle du Languedoc. L’origine de la ville remonte probablement à l’époque gallo-grecque. Car Uzès occupait déjà une position stratégique de communication entre la mer et les Cévennes. Un peu plus tard, au début de notre ère, les romains développèrent la province de la Narbonnaise et Ucetia, qui était un simple fortin –un castrum- accéda alors au statut de « civitas » romaine. Car pour les romains, rien de tel qu’une implantation de ville pour se renforcer dans une région. Car la ville permet de faire venir des colons et surtout le mode de vie romain auquel petit à petit les autochtones ne manquent pas de succomber. Et d’ailleurs, c’est là que les romains trouveront une source suffisamment abondante pour alimenter en eau la grande cité nîmoise. Autant dire que cela ne fit que renforcer l’importance d’Uzès. Ils construisirent alors un aqueduc long de 50km dont il reste le fameux Pont du Gard, à quelques kilomètres de la ville. Passons maintenant au 4ème siècle : l’édit de Constantin de 311 autorise la religion chrétienne dans l’Empire et marque la fin des persécutions contre les chrétiens. Ceux-ci vont du coup calquer leur organisation celle qu’ils connaissent et qui est l’organisation romaine. Et c’est ainsi que l’évêché d’Uzès fut créé au 5ème siècle. Puis l’empire romain s’écroule : les barbares de l’est et du nord viennent envahir ou traverser les provinces romaines. Les ouvrages comme les aqueducs sont brisés et –plus grave encore-, plus personne ne sait les reconstruire. Uzès survit tant bien que mal à ces époques troublées et refera parler d’elle à partir du 11ème siècle, où elle est gouvernée par une famille seigneuriale vassale des comtes de Toulouse. Uzès subira ensuite deux fois les guerres de Religion : au 13ème siècle d’abord, lors de la croisade contre les Cathares et au 16ème siècle ensuite, entre protestants et catholiques. Revenons à la croisade contre les cathares au 13ème siècle. Sans rentrer dans les détails théologiques, il faut retenir que cette religion cathare était très implantée dans le sud, et que les excès même de l’église l’aidaient à se développer. Du coup, le pape appela à la croisade pour lutter contre cette hérésie et le roi de France et les barons du nord furent trop contents de pouvoir venir affaiblir cet immense duché de Toulouse qui finira par la suite à être rattaché à la couronne de France. Le Languedoc sera rattaché à la France en 1229. Mais revenons à la ville : elle connaîtra son apogée aux 17ème et 18ème siècles. Elle réunit alors trois grands pouvoirs: tout d’abord, il y a le pouvoir ecclésiastique depuis le 5ème: avec l’un des plus vastes diocèses de la région. Imaginez que ce ne sont pas moins de 226 paroisses qui y étaient rattachées. Comme bien souvent, le temporel se calque sur le spirituel et c’est donc un pouvoir seigneurial de plus haute hiérarchie qui siège à Uzès. Puisque Uzès a eu le titre de 1er duché de France en 1632. Et enfin, le pouvoir économique avec la production et le commerce textile : d’abord la serge, toile de laine grossière, puis la soie, essentiellement développé par les marchands protestants. Et comme toujours, l’opulence se reflète dans les habitations des marchands, et dans les monuments du spirituel et du temporel. Chacun voulant faire mieux que l’autre. Et entre le 16e s et le 18ème siècle, de somptueux hôtels particuliers allaient se construire au cœur des remparts, formant ainsi le « centre ancien » d’aujourd’hui. A cette époque, Uzès comptait environ 5000 habitants. Mais commença ensuite une longue période de déclin. Il y eu tout d’abord 1685. Vous vous souvenez ?? L’édit de Nantes -qui permettait aux catholiques et aux protestants de vivre à peu près en bonne intelligence- est révoqué par Louis 14. Et plus concrètement, cela veut dire que le culte protestant est désormais interdit. Ce qui entraîna l’exode d’une partie de l’élite locale. Ensuite, ce fût l’industrie textile qui commençât à donner des signes de faiblesse: il y eu d’une part la maladie des vers à soie (la pébrine) et, d’autre part, la concurrence des soies asiatiques puis du succès des fibres synthétiques. Enfin, au 19ème siècle, une mauvaise desserte ferroviaire contribuât également à aggraver la situation. Résultat, dans la 1ère moitié du 20ème, la ville se dépeuplait et le centre ancien, complètement délaissé, se dégradait peu à peu. La renaissance d’Uzès débutera en 1965: le 5 janvier très précisément. Car ce jour là, le centre ancien d’Uzès, d’une surface de 12ha, est classé « Secteur Sauvegardé » conformément à la loi Malraux de 1962. Cette loi a pour objectif la « conservation du patrimoine architectural et historique en facilitant la restauration immobilière ». Les grands travaux dureront plus de vingt ans et se poursuivent encore actuellement. Un projet d’extension du Secteur Sauvegardé par-delà les boulevards a été déposé en 2004, ce qui portera le secteur à 41ha au total. Vous pouvez voir à ce sujet une exposition de photos et textes au jardin médiéval, au rez-de-chaussée de la Tour du Roi. Et cela a porté ses fruits: le développement économique a repris grâce à la fréquentation touristique mais aussi grâce à l’installation de grands établissements : un grand hôpital psychiatrique départemental à été créé. De même, Uzès a été choisie pour l’implantation du haras national qui couvrira le sud de la France. Enfin, à la sortie de la ville -au lieu-dit du « Pont des Charettes »-, la société Haribo a racheté l’ancienne réglisserie pour y installer une unité de production et aussi le musée du bonbon. Et maintenant, la ville compte près de 8500 Uzètiens. Voilà ce que nous souhaitions vous dire sur la ville et nous vous proposons maintenant d’en commencer la découverte.

Uzès
Le guide des principaux lieux