Le cortège des cires à Salé : une procession lumineuse entre tradition et ferveur populaire
Chaque année, au mois de février, la ville marocaine de Salé, située en face de Rabat sur la rive droite du Bouregreg, célèbre un événement aussi spectaculaire que profondément enraciné dans les traditions locales : le cortège des cires, en hommage à Sidi Abdellah ben Hassoun, saint patron de la ville et protecteur des bateliers. Ce rituel ancestral, à la fois religieux, artistique et populaire, attire des milliers de spectateurs venus de toute la région pour assister à une procession unique en son genre.
Une célébration en lhonneur du saint de Salé
Sidi Abdellah ben Hassoun est une figure spirituelle majeure de Salé, érudit, mystique et bienfaiteur, vénéré depuis des siècles. Son mausolée, ou koubba, constitue un haut lieu de pèlerinage et de dévotion populaire. Le cortège des cires marque le point dorgue des célébrations qui lui sont dédiées, mêlant rite religieux, mémoire historique et expression communautaire.
Une procession de lumière à travers la médina
Le moment central de lévénement est la procession des grands lustres en cire, appelés aussi « cierges » ou « lanternes », véritables uvres dart confectionnées à la main. Chaque lustre est constitué dalvéoles de cire colorée, souvent translucides, sculptées, modelées et assemblées pour former des compositions géométriques spectaculaires. Ces lanternes imposantes, portées à bras dhommes, sont illuminées de lintérieur et diffusent une lumière chaude et mystérieuse à travers les ruelles de la médina.
Le défilé démarre depuis la maison des artisans ciriers, là où sont fabriquées les bougies et décorations de cire, puis traverse le centre historique de Salé. Il passe par le Souk El-Kebir, principal marché de la ville, longe les remparts ancestraux, et sachève au mausolée de Sidi Abdellah ben Hassoun, lieu de recueillement et dhommage final.
Un rituel rythmé par la musique et la ferveur
Tout au long du cortège, les percussions traditionnelles marocaines accompagnent les porteurs. Des groupes de taarija, bendir, tbal et ghaita créent une atmosphère vibrante, presque hypnotique, rythmée par des chants religieux, des invocations et des youyous lancés par les femmes depuis les balcons. Cette ambiance sonore donne au cortège une dimension sacrée et festive, où se mêlent piété, joie collective et transmission dun savoir-faire ancestral.
Un symbole didentité et de continuité
Le cortège des cires est bien plus quune simple manifestation folklorique. Il incarne une identité urbaine forte, celle de la ville de Salé, profondément attachée à son patrimoine spirituel et artisanal. Il met également en lumière le rôle historique des bateliers du Bouregreg, ces hommes de la mer qui ont contribué au rayonnement économique et culturel de la ville, et pour qui Sidi Abdellah ben Hassoun reste une figure protectrice.
Ce rituel est transmis de génération en génération, tant au niveau de la fabrication des cierges quau travers de la musique, des récits et des gestes de la procession. Il est aujourdhui valorisé comme un élément du patrimoine immatériel marocain, et chaque édition attire non seulement les habitants mais aussi des visiteurs venus de Rabat, de Casablanca et parfois de létranger, curieux de vivre cette expérience unique.
Informations pratiques pour assister au cortège
Date : en février, à confirmer selon le calendrier religieux et les autorités locales
Lieu : Salé, médina et environs du mausolée de Sidi Abdellah ben Hassoun
Départ : depuis la maison des ciriers, proche du centre historique
Accès : depuis Rabat en tramway, taxi ou à pied via le pont Hassan II
Conseils : venir en avance pour trouver un bon emplacement, respecter le caractère sacré de lévénement, privilégier une tenue sobre et confortable pour suivre la procession à travers les rues