Prague

La Malastrana insolite : introduction

Alors que la première promenade consacrée à Mala Strana nous faisait découvrir ses hauts lieux royaux, cette seconde promenade va nous faire découvrir la partie plus insolite et poétique de ce quartier. Cette ballade débute sur la Place Mala Strana, devant le portail de l’église Saint-Nicolas puis elle rejoint la rue Karmelitska où se trouve l’Eglise du “petit Jésus ” de Prague. Ensuite, elle se faufile et nous avec, dans de petites ruelles, passe devant quelques mémorables palais et s’arrête enfin sur l’île de Kampa, surnommée ici “la petite Venise” de Prague. Puis, en passant sous une arche du pont Charles, le fameux, elle revient vers la Place Malostranke et s’achève dans les jardins du palais Wallenstein, l’un des plus[…]

Le palais Sternberk

Cette promenade arrive bientôt à son terme, mais vous pouvez encore aller voir le dernier grand palais de la place, le palais Sternberk, qui accueille aujourd’hui la Galerie Nationale de Peintures européennes. Il se trouve juste à gauche du palais de l’Archevêque, au N°15. Mais, contrairement aux autres palais, il est difficile de le voir. Son accès est en fait invisible de la place, il faut emprunter un corridor pour accéder au vestibule d’entrée. Allons au N°15 et empruntons ce corridor. Le bâtiment est organisé autour d’une cour intérieure et doit beaucoup au baroque viennois. Cela dit, son titre de gloire est surtout d’accueillir la Galerie Nationale de Prague. Parmi les grands noms de la peinture exposés ici, on retiendra

Le palais Schwarzenberg

Juste de l’autre côté de la rue, sur la partie droite de la place lorsque l’on regarde vers le Château, se trouve le Palais Schwarzenberg, transformé en Musée de l’Armée. Il est très massif et recouvert de décors à sgraffito, cette technique que nous avons vue tout à l’heure au palais Martinics. C’est le plus ancien palais de la place puisqu’il date du milieu du 16e siècle. Le palais est composé de trois bâtiments reliés entre eux pour former une cour. Cette cour est fermée par un mur qui donne sur la place. De la place, on voit bien ce mur, disposé entre deux pignons disposés en façade, comme tout à l’heure au palais Martinicz. Mais ici, ils sont beaucoup

La colonne de la peste de la place du Château

Longeons maintenant le square sur la droite pour rejoindre, une centaine de mètres plus loin, un monument particulier, la colonne de la peste de la Place du Château. Nous voici maintenant devant cette colonne dite de la peste. De quoi s’agit-il ? D’une colonne pour remerciée de la fin d’une épidémie de peste. Très certainement, mais pas seulement. Nous pouvons plutôt la voir comme la commémoration d’une période meurtrière et tragique pour l’Europe, le 17e siècle. Tout a commencé du conflit opposant les protestants et les catholiques. La défenestration de Prague en a été le déclencheur. Toute l’Europe centrale fut alors livrée à une guerre acharnée et impitoyable où les populations civiles furent décimées. Et, comme si cela n’était pas

Le Palais Toscan

Continuons notre promenade. Juste derrière nous, au N°6, et en face du palais Martinic, sachez que se trouve la demeure du peintre Alfons Mucha, l’une des grandes figues de l’Art Nouveau, et de son fils Jiri Mucha, un écrivain très populaire en République tchèque et mort en 1991. Dépassons maintenant la Maison de Mucha, en laissant derrière nous le Palais Martinic. A quelques mètres plus loin au N°5 commence l’interminable façade du Palais Toscan. Traversons la rue, pour nous placer juste en face, sur le bord du square et bénéficiez ainsi d’un peu de recul pour bien voir le palais. La façade, une fois encore, est impressionnante. Il s’agit donc du palais Thun-Hohenstein, plus connu sous le nom de palais

Le Palais Martinic

Nous remarquerons que plus on s’approche de la place du Château, plus l’architecture devient ambitieuse. La rue s’élargit, les maisons sont plus hautes, les portails sont plus ouvragés. A tout de suite en haut de la rue, à la sortie du virage, près de la place du Château. Nous voilà, à la sortie du virage de la rue Kanovnicka. Et déjà nous pouvons voir la Place du Château devant nous. Regardons cette place. Après le parcours sinueux que nous avons suivi, la place du Château apparaît comme une vaste cour aérée, enveloppée d’un rempart de palais baroques plus majestueux les uns que les autres. Au centre de la place, il y a un petit square et tout au fond le

La rue de Novy Svet

Ensuite, alors que Notre-Dame-de-Lorette est maintenant dans notre dos, prenons sur notre droite en suivant un petit muret, en direction de la rue Cerninska. C’est la rue qui longe le parc du palais Cernin. De là, nous descendrons tranquillement la pente pour rejoindre, 150 mètres plus bas la rue de Novy- Svet. Nous voici arrivés en bas de la rue Cerninska. Elle est coupée, sur la droite, par la petite ruelle de Novy Svet où se trouve l’un des quartiers les plus attachants de Prague. Novy Svet signifie Le “Nouveau monde”. Avant de vous engager dans la rue de Novy Svet : 2 mots sur ce tout petit quartier. Au 17e siècle, le quartier était habité par une population de

L’autel de Sainte Wilgeforte

Alors, continuez à flâner dans l’église et regardez bien tous les artifices employés par le baroque. Puis retrouvons-nous à la sortie. Nous sommes à nouveau sous le portique. Continuez tout droit sous le portique. Le décor nous est maintenant familier, des prie-Dieu, des confessionnaux, des chapelles généralement très décorées. Mais la dernière de ces chapelles est aussi la plus étrange comme nous allons le voir. Pour y aller, continuons à marcher tout droit sous le portique, passons la première chapelle d’angle. Celle qui nous intéresse se trouve encore plus loin dans le dernier angle du portique. Voici cette étrange chapelle. Elle est consacrée à Notre-Dame-des-Douleurs, c’est à dire à la Vierge. C’est l’autel gauche qui attire le plus l’attention. Il

La décoration des autels

Justement, allons voir ces fameux autels. Avançons-nous donc depuis le couloir central jusqu’à l’entrée du chœur. Nous voilà juste à la limite entre le chœur et la nef. L’autel-majeur, au fond, est très décoré. Sa partie supérieure est lourdement chargée d’anges agités. Regardez, ils ont une mission : porter une grande couronne dorée pour célébrer la reine du ciel, à savoir la Vierge Marie. En bas, le tableau d’autel est consacré à la Nativité. La Vierge agenouillée regarde le Christ couché sur un linge blanc, c’est une copie d’une oeuvre de Raphaël. Deux autels latéraux jouxtent le maître-autel et ils sont placés juste devant les fenêtres du chœur. Plus que de simples autels, ce sont en fait de grand reliquaires,

L’Eglise de la Nativité

Rejoignons maintenant le portique en suivant le pavement puis tournons à gauche pour entrer dans l’église de la Nativité. La chapelle de la Nativité est l’une des plus belles églises baroques de Prague. Elle fut achevée en 1734 par le beau-frère de Kilian Ignaz Dientzenhofer et décorée la même année. Ce qui séduit dans cette église, c’est d’abord ses petites dimensions, une vraie bonbonnière. Et cela nous change du baroque monumental rencontré jusqu’alors. Ensuite, c’est l’illusionnisme. Car tout ou presque ici est de l’ordre de l’artifice, des panneaux de marbre qui ne sont que des panneaux de stuc, aux peintures en trompe-l’œil qui décorent les plafonds. Les petits théâtres privés ou les boudoirs des nobles dames étaient-ils vraiment différents ?

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