Paris

La fosse commune

Maintenant, lorsque vous faites face aux pieds des transis, faites demi-tour. A droite de l’escalier que vous venez d’emprunter, vous en voyez un 2e qui descend dans la crypte. Descendons ses marches. En bas des marches, tout de suite à gauche, nous voyons une ouverture étroite dans le mur. Entrons dans ce réduit. Derrière les murs que nous trouvons au fond de ce réduit, se trouvent les restes des rois et reines, altesses et princes, mérovingiens et capétiens, Valois et Orléans. C’est ici que furent rapatriés, en 1817, les corps des rois qui avaient été déposés dans une fosse commune à la révolution. Alors, certes, il s’agit toujours d’une fosse commune, mais au moins est-elle entre des murs sacrés. Ressortons[…]

Le monument de Henri 2

Continuons de tourner autour du chœur et toujours dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Un peu plus loin, vous trouvez des marches qui descendent. Descendons celles-ci jusqu’à la moitié de l’escalier. A droite, le long de l’escalier, nous voyons un grand monument funéraire dans le genre de celui de François I. Il s’agit du monument de Henri 2, fils et successeur de François I et de sa femme, Catherine de Médicis. Ce tombeau fut conçu par le Primatice, artiste italien qui travaillait en France pour les rois François 1er et Henri 2, et sculpté par Germain Pilon, l’un des plus grands sculpteurs de cette époque. Ce monument reprend la forme du tombeau Renaissance, celle d’un temple antique avec

Les gisants des enfants de St Louis et de la reine Frédégonde

Continuons de tourner autour du chœur dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Quelques pas plus loin, sur votre gauche, vous trouvez un tombeau en orfèvrerie portant les gisants de deux enfants. Il s’agit des gisants de Blanche et de Jean de France, enfants du roi st Louis au 13e siècle. Blanche tient dans sa main ce qu’on a pu identifier comme une balle de jeu. Jean porte un sceptre, un attribut habituellement interdit à un enfant cadet de France. La présence de ce sceptre montre que st Louis était très attaché à ses enfants. Et ce sentiment est tout à fait nouveau à une période où la mortalité infantile était très élevée. Continuons de tourner autour du chœur

Les vitraux

Revenons maintenant en haut de l’escalier et dirigeons vers la chapelle située dans l’axe de l’église à l’extrémité du chœur, derrière l’autel où le prêtre dit la messe. Il se trouve que la chapelle axiale est close de fenêtres qui portent des vitraux commandés par Suger au 12e siècle. Ces vitraux comptent parmi les plus anciens de France. Et maintenant, regardons à gauche. Nous voyons des scènes de l’enfance du Christ. De bas en haut, nous voyons l’Annonciation, la nativité, le voyage des rois mages, la fuite en Egypte, Jésus et les docteurs, la dormition de la Vierge (c’est à dire sa mort mais dit de façon plus élégante). Regardons le vitrail de droite maintenant. Il s’agit de l’arbre de

Le tombeau de François 1er et de Claude de France

Lorsque nous sommes aux pieds des deux gisants, levons la tête : dans l’axe de la tête des 2 gisants, nous voyons un grand monument funéraire à colonnes. Il est placé de l’autre côté du portail, juste après celui-ci. Ce monument imposant est le tombeau de François I et de Claude de France, son épouse. Il est important à décrire, car il marque une étape dans l’art des tombeaux. Vous connaissez sûrement François 1er, grand roi qui préside à l’introduction de la Renaissance en France et à la construction du château de Chambord. Vous connaissez peut-être moins la reine Claude, morte à 25 ans après avoir donné au roi 7 enfants en 8 ans. Elle nous est pourtant familière :

Les gisants de Charles 5

En étant devant le gisant d’Isabelle d’Aragon, tournons la tête vers la gauche. Nous voyons la porte. A gauche de cette porte, nous distinguons des gisants. Au centre de l’espace compris à gauche de la porte, vous trouvez les gisants de Charles 5 et de son épouse Jeanne de Bourbon. Juste un petit mot pour vous resituer le contexte historique : les derniers capétiens, descendants de Philippe le bel, meurent tous sans enfants. En l’absence d’héritiers directs, la famille royale place sur le trône les Valois, qui sont les cousins des derniers capétiens. S’en suit une querelle dynastique avec le roi d’Angleterre Edouard 3, qui descend lui aussi de Philippe le bel. Cette querelle aboutira à la guerre de 100

Les gisants de Philippe 4 Le Bel et d’Isabelle d’Aragon

Et maintenant, observons le groupe de gisants qui se trouvent sur notre gauche. Regardons en particulier le gisant d’Isabelle d’Aragon. Elle était la belle fille de St Louis, l’épouse de Philippe 3 le hardi, dont le gisant est à côté. Elle était aussi la mère de Philippe 4 le Bel dont le gisant est aussi à côté. Philippe 4 le bel est surtout connu pour son attaque contre les templiers. Il les fit arrêter, brûler et confisqua leur fortune. Le grand maître de l’ordre des templiers, Jacques de Molay, le maudit sur son bûcher. Isabelle d’Aragon, dont nous voyons le gisant, trouva brutalement la mort en tombant de cheval au retour de croisade. Son gisant fut réalisé peu après sa

Le tombeau de Charles Martel

Regardons maintenant les gisants. Et pour commencer, approchons-nous de ceux qui sont à notre droite lorsque nous regardons vers la croisée du transept. Ils ont tous été commandés au 13e siècle par le roi St Louis et représentent certains des rois qui ont précédé st Louis. Jusqu’au 13e siècle, les rois et reines (mérovingiens, carolingiens et capétiens) furent enterrés sous une simple dalle portant leur nom. Vers 1260, st Louis fit donc exécuter des gisants pour tous ses prédécesseurs. Jusqu’à la Renaissance, les tombeaux ne comportaient que des gisants. Ah, au fait, d’où vient le terme gisant : il vient du verbe gésir qui veut dire « être allongé ». Les représentations des personnages sont stéréotypées, tous sont figurés le

Histoire des tombeaux des rois

Cela dit, revenons à la basilique St Denis : les dimensions sont d’une ampleur exceptionnelle, presque celles de Notre Dame de Paris. Bien sûr, cette ampleur a été décidée parce que la basilique était destinée à accueillir les tombeaux. Alors, parlons de cette vocation bien particulière à St Denis. Du 7e au 19e siècle, soit pendant plus d’un millénaire, 12 siècles exactement, les liens entre les rois de France et St Denis furent puissants, en raison de la présence des reliques de st Denis, le st patron du royaume. De la fin du 8e siècle au début du 11e siècle, la plupart des rois furent sacrés ici. Cette tradition s’arrêta au 12e siècle. A partir de ce moment, la cathédrale

L’Architecture de la Basilique

Revenons sur nos pas et redescendons l’escalier. En bas de l’escalier, dirigeons-nous vers la droite pour nous rapprocher de la croisée du transept, c’est-à-dire de l’endroit où la nef est coupée par les bras de la croix. Installons-nous entre les gisants, près des grilles. Les gisants étant ces sculptures représentant les défunts allongés. Une fois arrivés là, levons la tète pour regarder l’architecture. Cette partie, où nous nous trouvons, c’est à dire la nef et le transept a été construit sous le roi St Louis, à la fin du 13e siècle. Le responsable des travaux était l’architecte du roi, Pierre de Montreuil. Les architectes et sculpteurs qui ont travaillé à St Denis furent de tout temps les plus renommés et

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