Province de Liège

La barrière de chœur

Et maintenant, regardons derrière la vitrine du triptyque, contre le mur. Il s’élève une architecture de pierre. Ce sont les restes d’un cancel autrement appelé « barrière de chœur ». C’est donc le reste d’une petite architecture qui fermait le chœur de l’église aux fidèles. Une protection en quelque sort de l’espace sacré où s’élevait l’autel. Cette frise, où vous pouvez percevoir l’aboutissement circulaire d’anciennes colonnettes, date de la deuxième moitié du 12e siècle. Voyez son décor et regardez en particulier aux angles et à hauteur des sommets de colonnes : on voit un décor formé de végétaux avec des grandes feuilles, formant des palmettes et des crosses. Dans ces entrelacs végétaux, vous constaterez à divers endroits la présence d’animaux,[…]

Le reliquaire de la Vraie Croix

Passons maintenant dans la salle suivante. Dans la vitrine au milieu de la pièce se trouve une des pièces maîtresses du musée : le reliquaire de la Vraie Croix. Il s’agit d’un triptyque, c’est-à-dire d’un reliquaire plat qui se ferme par deux volets. L’œuvre est en bois de chêne, recouvert de cuivre doré, décoré au moyen de différentes techniques : l’émail pour les parties colorées, l’incrustation de pierres précieuses ou semi-précieuses, et surtout, pour les sujets représentés, le repoussé. Le repoussé est la technique qui consiste à faire apparaître un sujet en relief sur une plaque de métal en poussant ave un petit outil sur l’arrière de la plaque jusqu’à obtention du motif voulu. Observez par exemple les deux volets,

Le grand Christ en croix

A gauche de la Vierge d’Evegnée, nous voyons un beau grand Christ en croix. Approchons-nous. C’est là à nouveau un beau Christ mosan du 12e siècle. Raide, droit, son corps n’est animé d’aucun signe de souffrance. Son pagne pend en plis bien rangés jusqu’aux genoux. Sa tête est légèrement inclinée, et son visage serein est encadré d’une chevelure tombant en mèches bien rangées. Peu de mouvement anime ce corps. Les côtes sont représentées de manière stylisée et schématique, contrastant avec l’aspect nu et lisse des autres parties du corps. Et comme on le voit, cette sculpture est encore bien dans la tradition des Christ mosans du 11e siècle, royaux et hiératiques, et sans souffrance humaine. C’est là l’image d’un dieu,

La Vierge d’Evegnée

Et maintenant, tournons le dos à la porte par laquelle nous sommes entrés et allons voir le mur à notre droite. Là, une vitrine isolée renferme une Vierge à l’Enfant dite « Vierge d’Evegnée ». Elle date du 11e siècle. Son style est très archaïque. On dirait presque une sorte d’idole païenne. La Vierge est tout à fait frontale et symétrique, le Christ étant posé au centre sur ses genoux. La main droite de la Vierge tient un globe, symbole de perfection, mais aussi la pomme d’Adam – non mordue celle-là, manifestant par là la conception sans péché de Marie. Sa main droite tient le montant de son trône. Cette Vierge d’Evegnée, du nom du village d’où elle provient, est

Les baptismaux

Nous allons maintenant passer dans la grande salle du deuxième étage. Là, nous découvrirons les plus beaux trésors du musée, tout ce qui remonte à la grande époque de l’art mosan : les 11es, 12e et 13e siècles. Sortons donc de la salle, redescendons le petit escalier, puis entrons tout droit dans la salle qui nous fera face. Nous voilà à l’entrée. Nous sommes accueillis, à droite et à gauche, par deux belles cuves baptismales en pierre. Celle de gauche, de plan carré, est décorée d’arcades sculptées. Celle de droite, de plan circulaire, présente un décor d’animaux sculptés. Fonts baptismaux est un mot venant du latin « fons, fontis », la fontaine. A l’époque romane, les fonts produits dans la

L’œuvre d’un artiste anonyme bruxellois

Plaçons-nous maintenant de manière à avoir la lactation de saint Bernard à notre droite et la porte d’entrée à notre gauche. Alors, sur le mur face à nous se trouvent trois tableaux. Celui du milieu est attribué à un artiste anonyme bruxellois, le Maître dit « de Sainte-Gudule ». Il représente une femme en prière, à genoux devant la Vierge à l’Enfant, accompagnée, à droite, de sainte Marie-Madeleine, vêtue de rouge et portant son vase de parfum. Observons le détail de la composition. On constate que la scène est divisée en trois espaces, disposés l’un derrière l’autre. Dans le premier des ces espaces, l’avant plan donc, se trouve la scène que nous venons de décrire. Elle se déroule à l’intérieur

La lactation de Saint Bernard

Nous allons maintenant rejoindre la cage d’escalier en prenant le petit couloir à droite. Au bout du couloir, sortons par la porte à gauche. Montons jusqu’au pallier suivant. Arrivés sur le palier, prenons l’escalier qui part sur notre gauche. Il nous mènera à une petite salle contenant quelques très beaux tableaux. Cette salle contient quelques beaux meubles du Moyen Age et de la Renaissance. Mais nous allons surtout nous intéresser à deux tableaux. Le premier se trouve juste face à nous quand nous entrons, dans le coin droit. Il représente la « lactation de saint Bernard ». Ce petit tableau de l’école flamande date des environs de 1480. Comme c’est l’habitude dans ce type de peinture, la Vierge est assise

Les œuvres neo-gothiques

À droite de cette vitrine, une porte mène à la salle suivante, consacrée entièrement à la période baroque. Le commentaire ne reprendra cependant qu’à l’entrée de la salle suivante, consacrée au 19e siècle et à l’art néo-gothique. Nous avons passé la salle baroque et nous entrons maintenant dans le 19e siècle. Tout autour de nous, des meubles, des calices, des pièces d’orfèvrerie et des sculptures d’aspect médiéval, gothiques en fait. Ce sont des œuvres en réalité néogothiques. Car le 19e siècle connut un grand mouvement en faveur de la résurrection des styles du Moyen Age. Plusieurs raisons à cela : déjà, il y a la révolution industrielle et l’apparition de conditions de travail très dures dans les mines et les

Les « bozzeti »

Tournons maintenant le dos à la statue de Del Cour. Nous faisons alors face à une vitrine comprenant différents modèles en terre cuite de statues religieuses du 17e siècle. On les appelle des « Bozzeti » et il s’agissait souvent d’essais des artistes avant de réaliser la statue grandeur nature. Certaines personnes préfèrent parfois les modèles de terre aux œuvres achevées. Et de fait, on trouve dans ces modèles une spontanéité et un mouvement que l’œuvre achevée, plus « finie » ne présente plus. Certains sont aussi de Del Cour. Regardons sur la planche du haut, dans le fond à droite : il se trouve notamment un beau modèle qui servira pour une sainte Scolastique. Qui était elle ? Sainte

La statue baroque de Jean Delcour

A droite de la vitrine d’orfèvrerie se trouve le moulage d’une grande statue baroque de Jean Delcour : Notre-Dame de Montaigü. Rappelons qu’il vécut essentiellement dans la deuxième moitié du 17e siècle, et qu’il est LA grande figure de la sculpture baroque pour Liège et sa région, mais aussi une grande personnalité dans l’Europe baroque du temps. On dit que Vauban lui aurait proposé de sculpter un buste de Louis 14, et que le grand sculpteur romain Gianlorenzo Bernini lui aurait demandé de le suivre à Rome pour être son disciple. Qu’en est-il vraiment, nous ne savons pas. La grande œuvre que nous avons ici est en tilleul peint. Elle fut réalisée entre 1690 et 1696 pour l’église Saint-Antoine, celle

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