Province de Liège

Les dessins du 19e siècle

À gauche de la vitrine, deux dessins du 19e siècle montrent les restes de la cathédrale, tels qu’ils ont subsisté jusqu’aux environs de 1830. Car voilà un des grands drames de l’histoire liégeoise. En 1789, il n’y eut pas que Paris qui fut enflammé par l’esprit révolutionnaire. Liège, comme Bruxelles aussi d’ailleurs, eut sa révolution, et le prince-évêque fut chassé. La cathédrale était, au cœur de la ville, le symbole le plus puissant de la domination de l’évêque. Aussi fut-il décidé de la détruire. On commença par les plombs de la toiture et la charpente, qui furent enlevés. Une « Commission destructive de la cathédrale » fut même créée, et au fil des ans, on abattit la grande tour d’abord,[…]

Le diptyque Palude

Faisons maintenant face à la porte d’entrée, en tournant donc le dos à la maquette de la cathédrale. Sur le mur face à nous, une vitrine présente différents objets. Dans le bas sont présentés deux tableaux peints. Il s’agit du diptyque Palude. Cette œuvre a sans doute été peinte à Liège, vers 1488, et évoque l’histoire de saint Lambert. Le volet de gauche représente le martyr de saint Lambert, tel que nous l’avons décrit un peu plus tôt. Le personnage en prière, à droite, est Henri Palud, chanoine en la cathédrale, qui offrit ce diptyque à son église en 1488. Le martyr –qui a eu lieu en l’an 705 rappelons le- est représenté ici dans un édifice gothique, qui sert

Notre-Dame du Bon Secours

Si nous tournons le dos à la porte d’entrée et faisons face à la maquette de la cathédrale, une vitrine s’étend en longueur à droite de la maquette. Faisons-lui face. À gauche de cette vitrine, dans un petit coin, se trouve une des pièces les plus intéressantes de cette salle : c’est la statue de la Vierge appelée Notre-Dame du Bon Secours et de tous les saints. Cette statue était vénérée dans la cathédrale Saint-Lambert. Observons ses caractéristiques : visage penché et souriant, enfant bougeant dans ses bras, cheveux longs et pendants, son corps est aussi bien visible sous le drapé, au niveau des genoux notamment, où les plis sont retroussés et épousent bien la forme des jambes. Cette façon

La maquette de l’ancienne cathédrale

Passons les détails sur l’évolution du bâtiment, qui sera amplement décrite à l’archéoforum de la Place Saint-Lambert. Concentrons-nous plutôt sur la maquette, qui présente la cathédrale telle qu’elle était à la veille de sa destruction, c’est-à-dire dans son aspect gothique. L’ancienne cathédrale romane avait entièrement brûlé en 1195, et fut alors reconstruite dans le nouveau style gothique. Le côté de la maquette qui fait face à la porte d’entrée de la salle est la façade de la cathédrale. Cette façade présente deux tours jumelles, suivies directement d’un transept, c’est-à-dire de deux bras transversaux. A l’autre extrémité de la cathédrale, opposée à celle de la façade, nous oyons le grand chœur de plan polygonal, construit au 13e siècle. Ce chœur est

La salle consacrée à la cathédrale Saint-Lambert

Avec cette tref, nous allons terminer la visite de cet étage. Nous avançons dans la salle, en gardant la tref à notre gauche, et prenons la porte qui se trouve au bout de cette salle à droite. Elle nous amènera vers la porte de l’escalier. Nous repasserons donc dans la cage d’escalier, pour monter dans la dernière petite salle, tout en haut, consacrée à la cathédrale Saint-Lambert. Au centre de la pièce se trouve une maquette de l’ancienne cathédrale Saint-Lambert, détruite à la Révolution. Elle occupait l’emplacement de l’actuelle place Saint-Lambert, et on peut encore en voir les traces dans l’archéoforum qui occupe le sous-sol de cette place. Rappelons quelques points sur l’histoire de l’évêché de Liège. Au début, l’évêché

La tref

A gauche de cette vitrine, une longue planche de chêne sculpté est accrochée sur le haut du mur. Cet objet insolite sur lequel nous souhaitions attirer votre attention est une tref, datant du début du 16e siècle. Dans une église, une tref est une poutre décorée qui était placée sous l’arc de la voûte ouvrant sur le chœur. Elle servait généralement de support à un calvaire, la croix entourée de la Vierge et de saint Jean. Le calvaire n’est plus présent ici, mais il reste le décor sculpté. Il représente les effigies des 12 apôtres, chacun portant son attribut. Tous sont tournés vers la niche centrale, qui contient une image du Christ bénissant.

Les statues de Saint Marc et de Saint Luc

Nous faisons face au vitrail et prenons maintenant la porte ouverte dans le mur à notre droite. Avant de la passer, nous regarderons à gauche de cette porte, la magnifique petite Vierge en ivoire. Elle provient de France et date de la fin du 13ème siècle. C’est une œuvre typiquement gothique, où l’aspect maternel de la Vierge est montré par la douceur de la pose. Ce qui est caractéristique ici, c’est la pose déhanchée, manifestement inspirée de positions réelles et populaires de femmes portant leur enfant. C’est encore une fois le reflet de cette tendance de l’époque à rendre les personnages sacrés plus humains, plus proches du fidèle dans leur apparence. Passons dans la pièce suivante. Là, juste en face

Le vitrail roman du 13e siècle

Tout au fond de la pièce se dresse un beau reste de vitrail du 13e siècle, représentant une crucifixion. Si de grands ensembles de vitraux existent encore dans certaines grandes églises, en France notamment, la chose est plus rare dans ces régions. Ce morceau de vitrail-ci vient de Westphalie. De près, on peut ainsi bien voir la méthode de construction : les pièces de verre colorées et cuites sont enchâssées dans des tringles de plomb ayant une section en forme de la lettre « H ». Donc on insère le verre et ensuite les lèvres de la tringle sont simplement écrasées contre les pièces de verre, afin de la faire tenir. Le vitrail est donc une vitre assez « molle

Le Christ de Rausa

Passons maintenant dans la troisième salle. Face à nous, c’est l’émerveillement. Dans la vitrine isolée au milieu de la pièce se trouve un des autres chefs-d’œuvre du musée : le Christ dit « de Rausa ». Nous sommes en 1240, à l’époque gothique donc, et non plus romane. Rausa est le nom du village mosan d’où provient cette splendide sculpture. Raffinement et noblesse sont sans doute les deux caractères majeurs de cette sculpture, un des chefs-d’œuvre de ce musée. Voyez le tronc allongé, de même que l’importance donnée à la taille de la main bénissant et aussi, regardez ce long visage. Tout cela donne à ce Christ un caractère très aristocratique. La douceur de son visage, et les lèvres esquissant

Décors d’émaux

Tournons le dos au cancel sculpté. La porte qui se trouve maintenant à notre gauche donne accès à la salle suivante. Mais avant de passer cette porte, regardons encore la vitrine qui se trouve contre le mur face à nous. Elle contient, sur la planche du haut, quelques décors d’émaux, sans doute issus de reliquaires. Ce sont à nouveau des motifs végétaux. La technique utilisée ici est une des plus fréquentes pour les émaux de cette époque. Ce sont des émaux champlevé. Cela signifie quoi ? et bien que, tout d’abord, la plaque de laiton est creusée du motif décoratif. Et qu’ensuite, ces creux sont remplis de pâte de verre colorée qui, en durcissant, formera le motif émaillé. Cela donne,

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