Arezzo

L’annonciation

Enfin, et ce sera notre dernier commentaire, regardons la dernière scène de cette chapelle située tout en bas à gauche de la fenêtre. Il s’agit de l’annonciation. Alors, bien évidemment, ce n’est pas un sujet de la légende dorée. C’est une variation de l’artiste. On retrouve la même architecture que celle du palais du roi Salomon, dans les panneaux colorés des marbres, les frises et l’élégance de la colonne blanche du 1er plan. Notez la composition de cette scène : elle est basée sur la symétrie. Comme vous voyez, de chaque côté de la colonne, on trouve 1 personnage. Et maintenant, pour se rendre compte de son travail sur la lumière, portez votre attention sur la Vierge tout d’abord :[…]

Les 2 prophètes

Regardons à présent les 3 autres œuvres de Piero, qui ne font pas partie de la Légende dorée. Regardez de chaque côté de la fenêtre, mais regardez dans les parties hautes: vous voyez 2 personnages. Vous les voyez ? Ils sont identifiés comme 2 prophètes, même si celui de gauche ne porte pas de phylactère, c’est-à-dire ce long rouleau de parchemin qu’il tient dans sa main droite. Portez votre regard sur lui, sur celui de gauche donc. On pense qu’il s’agit de l’œuvre d’un collaborateur. Pourquoi cela ? Et bien parce qu’on y retrouve dans sa chevelure le même jeu graphique que nous avons déjà vu dans les 2 petites scènes peintes par Giovanni da Piamonte : à savoir «

L’épisode terminant la légende dorée

Enfin, tout en haut dans la lunette de ce même mur, regardons l’épisode qui termine la légende dorée. Devant les 2 arbres symbolisant les 2 Testaments, Piero installe les disciples d’Héraclius sous les murs de Jérusalem, qui est représentée comme une ville médiévale avec ses hautes murailles et ses tours crénelées. On voit l’empereur qui, humble et pieds nus, porte une lourde croix. Nous l’avons déjà dit, Héraclius se présente comme le Christ devant jérusalem. Là encore, prenez le temps de retrouver le talent de Piero : portez votre attention sur l’empereur et les 5 personnages qui le suivent. Regardez avec attention les drapés, la délicatesse des coloris, le jeu des plis, la densité des textiles et la lumière qui

Héraclius contre Chosroès : la 2ème bataille de l’histoire de la croix

Regardez juste en dessous, un épisode qui se déroule 3 siècles plus tard, au début du 7ème siècle. Il s’agit de la 2ème bataille de l’histoire de la croix: celle d’Héraclius contre Chosroès De nouveau, 2 scènes bien distinctes même si l’artiste en a privilégié une. Vous voyez que presque tout l’ensemble de la composition fait place à la bataille, tandis que, tout à fait à droite, se déroule la décapitation de Chosroès. Un petit point d’histoire tout d’abord. C’est en 610 que le général Héraclius devient empereur. Il va fonder la dynastie des Héraclides après avoir chassé de Constantinople le tyran Phocas. Sous son règne, l’Empire romain d’orient se transforme en empire byzantin, de l’ancien nom de sa capitale,

La découverte et la vérification de la vraie croix

Portez maintenant votre attention sur la scène située immédiatement à gauche, sur le grand mur gauche de la chapelle. Il s’agit de l’épisode qui suit chronologiquement la torture de l’Hébreu, qui conduira à la découverte et à la vérification de la vraie croix. C’est ici une des compositions les plus monumentales et les plus complexes de Piero della Francesca. Décrivons la scène : à gauche, au 1er plan, en présence de l’impératrice Hélène, les 3 croix sont exhumées, dans un champ labouré, aux portes de Jérusalem. Il faut sûrement lire dans cette représentation de la ville, une image d’Arezzo, serrée dans ses murailles. Relevez le digne maintien des hommes à droite de ce groupe. L’un s’appuie sur le manche de

La torture de l’hébreu

Regardez à présent de nouveau du côté de la fenêtre. Et regardez sur son côté gauche la scène appelée « la torture de l’hébreu ». On y voit Judas tenu par les cheveux. 3 hommes sont occupés à le supplicier, selon l’ordre de l’impératrice Hélène, mère de Constantin. Comme l’épisode du transport de la croix, la fresque a été réalisée par le collaborateur de Piero della Francesca. On y retrouve ce même graphisme un peu lourd des plis des vêtements, des boucles de cheveux. Comme son maître, l’artiste installe l’épisode dans un monde tranquille, dans une totale absence d’agitation en dépit du caractère dramatique de la scène. Les bourreaux sont paisibles et semblent effectuer une tâche anodine.

La bataille de Constantin contre Maxence

Et maintenant, regardez juste à droite du songe : nous voyons la bataille de Constantin contre Maxence. Maintenant, nous allons décrire cette magnifique scène. L’épisode illustre une des plus célèbres batailles de l’antiquité, du temps des tétrarques. 2 mots sur ce système de la Tétrarchie. La Tétrarchie fut un système de gouvernement de l’empire de Rome, mis en place par Dioclétien, à la fin de 3ème siècle. Afin de contrôler les frontières et contenir les Barbares, Dioclétien se choisit un co-empereur en la personne de Maximien. En effet, l’empire était tellement vaste que Rome était trop loin de certains des lieux où des décisions devaient être prises plus vite. Chacun des 2 empereurs sélectionna un césar pour l’aider dans ses

La scène du Songe de Constantin

Maintenant, portez votre regard sur la scène placée immédiatement au-dessous. Il s’agit d’une des plus belles: celle du songe de Constantin. C’est la scène où on voit l’empereur dormir sous sa tente. L’artiste a magnifiquement exploité l’étroitesse du cadre, en jouant sur la verticalité de la tente autour du pilier central. Décrivons la scène. Dans son lit Constantin est couché et dort. C’est dans son sommeil en effet que lui est délivré le message divin l’informant de se placer sous la protection de la croix pour remporter la victoire lors de la bataille du lendemain. D’ailleurs, on voit une petite croix lumineuse pour rappeler cela. Et puis regardez en haut et à gauche: un ange surgit et inonde la scène

Le transport du bois sacré

Et maintenant, regardez à présent du côté de la fenêtre. Vous y êtes ? Et regardez la scène qui est à droite de la fenêtre et sur registre du milieu du mur. Elle représente le transport du bois sacré. Prenez le temps de la trouver, ça y est ? Cette scène a été réalisée par Giovanni da Piamonte, le principal collaborateur de Piero della Francesca, qui a utilisé les cartons de son maître. Ce peintre a recours à un graphisme très accentué, très marqué par rapport au dessin précis, mais léger, de Piero. Pour bien vous en rendre compte, regardez le 1er porteur, celui qui est à gauche et dont l’attitude rappelle celle du Christ portant sa croix. Et voyez

La reine de Saba devant le roi Salomon

Regardez maintenant à droite. Dans une salle du palais, on voit que plusieurs personnages ont pris place autour du couple royal. Décrivons la scène : au centre du groupe: la reine de Saba s’incline devant le roi Salomon. Derrière elle, les dames de sa cour forment un ensemble compact, tandis que derrière le roi, des dignitaires de sa cour forment le pendant masculin au groupe féminin. Pour votre information, sachez que certains ont voulu voir un autoportrait de piero della Francesca dans l’homme qui se trouve à gauche, entre les 2 figures de profil. Vous le voyez ? Sur la gauche, cet homme est celui qui est coiffé d’un chapeau et qui nous regarde. Mais revenons à la scène :

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