Cité souterraine de Kaymakli

Creusées dans la roche, les cités souterraines de Cappadoce servaient, au VIIIe siècle, à s’abriter des razzias ennemies. Les deux principales ouvertes au public sont celles de Kaymakli et de Derinkuyu.

Kaymaklı : un labyrinthe souterrain au cœur de la Cappadoce

La cité souterraine de Kaymaklı est l’une des merveilles cachées de la Cappadoce, un réseau complexe de galeries creusées dans la roche tendre du plateau anatolien. Utilisée depuis l’Antiquité, elle servait de refuge aux populations locales face aux invasions et aux persécutions. Aujourd’hui, elle offre aux visiteurs une plongée fascinante dans un monde souterrain où s’organisait une vie complète, invisible depuis la surface.

Une cité refuge creusée dans la roche

Les cités souterraines de Cappadoce remontent probablement à la période hittite (2000-1200 av. J.-C.), mais elles furent surtout utilisées et agrandies par les chrétiens byzantins entre le VIe et le Xe siècle. En période de conflits, notamment lors des invasions arabes et mongoles, ces villes permettaient d’abriter des milliers de personnes pendant des semaines, voire des mois.

Avec plus de 100 tunnels et huit niveaux, Kaymaklı est l’une des cités souterraines les plus vastes et les mieux conservées de la région. Sur ces huit niveaux, quatre sont ouverts au public, dévoilant un dédale impressionnant de pièces interconnectées.

Une organisation sophistiquée

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, Kaymaklı n’est pas un simple réseau de cavernes, mais une véritable ville souterraine avec tout ce qui était nécessaire à la survie de ses habitants.

  • Les écuries : Dès l’entrée, on trouve une grande salle qui servait d’écurie pour abriter chevaux et autres animaux. L’odeur et le bruit des bêtes auraient pu trahir la présence des habitants, c’est pourquoi cette zone était stratégiquement placée près de l’entrée.
  • Les habitations et espaces de vie : Plus on descend, plus on découvre de petites pièces servant de logements. Certaines sont équipées de niches creusées dans la pierre, utilisées comme placards ou lits rudimentaires.
  • Les cuisines et garde-manger : On distingue encore les traces de feux de cuisson et des jarres enterrées qui servaient à stocker céréales et huile. Grâce à des conduits d’aération bien conçus, la fumée des foyers était évacuée discrètement sans attirer l’attention depuis la surface.
  • Les églises et lieux de culte : Un petit sanctuaire orné d’une croix sculptée témoigne de l’importance de la religion pour ces communautés souterraines. Les habitants y célébraient des offices en toute discrétion.
  • Les tunnels défensifs : Certains passages sont extrêmement étroits et bas de plafond. Cela n’était pas une contrainte architecturale, mais une stratégie défensive : en cas d’attaque, seuls les habitants, habitués aux lieux, pouvaient s’y faufiler rapidement, rendant la progression difficile pour les envahisseurs.
  • Les portes de pierre : Les niveaux les plus profonds étaient protégés par d’énormes portes circulaires en pierre, pouvant être roulées pour bloquer l’accès aux couloirs. Ces blocs massifs, parfois de plus d’une tonne, assuraient une protection efficace en cas d’intrusion.
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Une ingénierie impressionnante

Ce qui frappe en visitant Kaymaklı, c’est l’intelligence avec laquelle la cité a été construite. Les conduits de ventilation, creusés avec précision, permettaient d’assurer un renouvellement constant de l’air, même dans les galeries les plus profondes. Des puits, certains descendant à plus de 50 mètres, assuraient l’accès à l’eau potable, indispensable pour une survie prolongée sous terre.

Certaines pièces sont également conçues pour une acoustique optimale : les habitants pouvaient communiquer sans se voir, un atout majeur en cas de danger.

Kaymaklı ou Derinkuyu ?

Si Kaymaklı est impressionnante par sa densité et son enchevêtrement de galeries, sa voisine Derinkuyu est encore plus profonde (jusqu’à 85 mètres) et pouvait accueillir plus de 20 000 personnes. Kaymaklı est cependant plus accessible et plus facile à explorer, avec des passages plus larges et moins vertigineux que ceux de Derinkuyu.

Conseils pour la visite

  • Claustrophobes, attention ! Les tunnels sont parfois très étroits et exigent de marcher accroupi sur plusieurs mètres.
  • Prévoyez une lampe frontale pour mieux observer les détails sculptés dans la roche.
  • Visitez tôt le matin pour éviter la foule, surtout en haute saison.
  • Un guide est recommandé : Les explications sur place étant limitées, un guide local vous aidera à mieux comprendre l’ingéniosité et l’histoire de la cité.
  • Habillez-vous chaudement : Même en été, la température sous terre reste fraîche.

Une expérience unique sous terre

Explorer Kaymaklı, c’est pénétrer dans un univers souterrain fascinant, où l’ingéniosité humaine a permis de créer un refuge sécurisé face aux menaces extérieures. Entre histoire, architecture et aventure, cette visite est l’une des plus captivantes de la Cappadoce, offrant un regard unique sur la résilience et l’ingéniosité des civilisations anciennes.

Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : avril 2025

Plan Cité souterraine de Kaymakli

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Infos pratiques Cité souterraine de Kaymakli

  • Adresse : Kaymakli,
  • Itinéraire vers Cité souterraine de Kaymakli : voir la carte
  • Prix et tarifs entrée Cité souterraine de Kaymakli :

    6,50 euros

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