Les Marquises rassemblent une douzaine d’îles hautes montagneuses dont six sont habitées. Nuku Hiva, Hiva Oa, Ua Huka, Ua Pou Tahuata et Fatu Hiva s’alongent sur une diagonale de près de 400 km. Très proches de l’équateur, le climat y est plus chaud et humide que dans les autres archipels Polynésiens.
Ces îles ont été popularisées par le chanteur Jacques Brel qui a vécu et est enterré à Hiva Oa. La qualité de ses îles tient à leurs montagnes riches en circuits naturels de randonnées. À cheval ou à pied, les pics rocheux dominent l’océan, tantôt turquoise tantôt bleu profond. Les Marquises bénéficient d’un passé riche et très présent encore sur les îles.
Les grands Tiki, statues votives, les grands pahu, tambours traditionnels, les tatau, tatouages marquisiens constituent une partie des nombreuses richesses culturelles de l’archipel. Les Marquises se détachent très nettement du reste de la Polynésie, tant par la langue que parlent les marquisiens que par leur culture très particulière.
Les Marquises : îles puissantes aux confins du monde polynésien
À plus de 1 500 km au nord-est de Tahiti, l’archipel des Marquises forme une constellation spectaculaire d’îles hautes, abruptes, minérales, posées dans l’immensité du Pacifique comme autant de forteresses végétales surgies de l’océan. Composé de douze îles volcaniques, dont six sont habitées (Nuku Hiva, Hiva Oa, Ua Pou, Ua Huka, Tahuata et Fatu Hiva), l’archipel dessine une diagonale d’environ 400 kilomètres au cœur d’une mer tantôt turquoise, tantôt indigo, avec pour horizon l’équateur tout proche. Ces terres farouches, dépourvues de lagons, se distinguent très nettement du reste de la Polynésie par leur relief accidenté, leur isolement, leur langue, leur culture et leur spiritualité profondément enracinée.
Un relief monumental et une nature à l’état brut
Ici, pas de plages de carte postale bordées de cocotiers. Les Marquises offrent un tout autre visage : un chaos minéral vertigineux où des falaises abruptes plongent à pic dans l’océan, où des pitons volcaniques déchiquetés dominent des vallées luxuriantes, et où la forêt tropicale, dense et souvent impénétrable, recouvre les pentes de ses feuillages sombres. C’est un terrain d’aventure pour les randonneurs aguerris, avec des circuits spectaculaires comme la traversée de l’île de Nuku Hiva, les sentiers de Fatu Hiva entre Omoa et Hanavave, ou les crêtes de Ua Pou, surmontées d’aiguilles basaltiques sculptées par le vent. Le climat y est plus chaud, plus humide que sur les îles du Vent, avec une végétation exubérante entrecoupée de cascades, de plateaux arides, de rivières vives, et de cultures vivrières en terrasses.
Une terre de culture et de spiritualité puissante
Longtemps qualifiées d’îles mystérieuses, les Marquises portent la mémoire d’une civilisation ancienne à la symbolique forte, au langage imagé et à l’art sacré omniprésent. Les Tiki, ces statues anthropomorphes de pierre ou de bois, incarnent les ancêtres déifiés ; les pahu, tambours traditionnels, résonnent lors des cérémonies et danses rituelles ; les tatau, tatouages marquisiens aux motifs géométriques puissants, racontent l’identité, la lignée, les exploits du porteur. Cette culture reste vivante, transmise et protégée, notamment grâce aux efforts des communautés locales et de grands événements comme le festival des arts des Marquises (Matavaa), qui réunit tous les quatre ans artistes, orateurs, danseurs et sculpteurs des six îles habitées.
Sur les pas de Brel et Gauguin
Les Marquises furent le refuge de deux grandes figures de l’art occidental : Paul Gauguin et Jacques Brel, tous deux inhumés à Hiva Oa, sur les hauteurs du cimetière du Calvaire à Atuona, dans un décor poignant où la mer affleure l’horizon entre les croix de corail. Le musée Gauguin, modeste mais émouvant, retrace le parcours de l’artiste et présente quelques reproductions majeures. À proximité, le centre Jacques Brel, avec son petit avion « Jojo » exposé sous abri, rend hommage à l’auteur du célèbre Chanson des Marquises, dernier poème chanté pour une terre qu’il décrivait comme violente et belle à la fois, douce et farouche comme une amante primitive.
Un voyage au bout du monde, mais pas hors du temps
Se rendre aux Marquises reste une aventure logistique, mais hautement gratifiante. L’archipel est accessible par avion via les lignes d’Air Tahiti au départ de Papeete, avec des vols réguliers vers Nuku Hiva et Hiva Oa. Sur place, les déplacements entre les îles se font en bateau, avion inter-îles ou parfois en cheval ou 4×4 dans les zones les plus isolées. L’accueil est souvent chaleureux, les pensions de famille sont simples mais authentiques, et les repas préparés avec des produits locaux : chèvre à la broche, fruit à pain, uru, poissons crus ou grillés, bananes plantains et mangues sauvages.
Une Polynésie singulière
Les Marquises ne sont ni des îles de farniente ni des destinations touristiques formatées. Ce sont des îles de caractère, de relief et de silence. On y découvre une autre forme de luxe : celle de l’espace, du lien profond avec la nature, de la transmission orale, de l’ombre des ancêtres. Les chants polyphoniques, les sculptures de bois précieux, les pirogues à balancier, les danses guerrières et les couronnes végétales tressées ne relèvent pas du folklore mais de la mémoire vive d’une culture insulaire fière et autonome. Chaque vallée, chaque baie, chaque marae caché dans les fougères raconte une part de l’âme des Marquises, qui captivent, marquent, et transforment ceux qui s’y aventurent.
