A l’origine, les Alyscamps sont une vaste nécropole romaine. Ils prirent beaucoup d’importance à l’époque paléochrétienne lorsque le martyre saint Genest y fut inhumé et par la suite les évêques d’Arles. Vers 1040 y fut installé le prieuré de Saint-Honorat et vous pourrez toujours en voir l’église. Mais ce sont surtout bien sûr les sarcophages qui méritent votre visite. Car tous sculptés de petites fresques, ils montrent les croyances et les attachements des proches des défunts.

Les Alyscamps et l’église Saint-Honorat : Un voyage dans la mémoire d’Arles

Aux portes de la vieille ville d’Arles, les Alyscamps offrent un saisissant témoignage de l’histoire de la cité romaine et chrétienne. Autrefois l’une des nécropoles les plus prestigieuses de l’Empire romain, ce site fascinant a traversé les siècles, devenant un haut lieu de pèlerinage au Moyen Âge. À ses côtés, l’église Saint-Honorat, vestige d’un ancien prieuré, rappelle le rayonnement spirituel de cet endroit où furent enterrés de nombreux évêques et saints.

En parcourant l’allée bordée de sarcophages sculptés, sous l’ombre des platanes, on plonge dans une atmosphère hors du temps, où se mêlent la grandeur passée de la Rome antique et la ferveur des premiers chrétiens.

Une nécropole romaine devenue cimetière chrétien

Les Alyscamps, du latin Elysii Campi (les Champs-Élysées), étaient l’un des plus grands cimetières romains de la Gaule. Situés le long de l’ancienne Via Aurelia, ils étaient en usage dès le Ier siècle avant J.-C. À l’époque, les lois romaines interdisaient l’inhumation à l’intérieur des villes, et ce site devint rapidement le principal lieu de sépulture d’Arles.

Avec l’arrivée du christianisme, les Alyscamps prirent une dimension sacrée : en 303, le martyre de saint Genest, un greffier romain converti au christianisme, fit de la nécropole un lieu vénéré. À partir du IVe siècle, les évêques d’Arles y furent enterrés, renforçant son prestige. Des légendes médiévales affirmaient même que les bateaux remonteraient le Rhône d’eux-mêmes pour y transporter les corps des défunts, attirant ainsi des pèlerins de toute l’Europe.

Les sarcophages : un livre ouvert sur l’art funéraire

L’un des aspects les plus saisissants des Alyscamps est sa collection de sarcophages antiques et paléochrétiens, dispersés tout au long de l’ancienne allée principale. Ces tombeaux, souvent richement sculptés, illustrent les croyances et les espoirs des familles endeuillées. On y trouve des scènes bibliques, des motifs païens convertis au christianisme, et des représentations symboliques de la vie après la mort.

Beaucoup de ces sarcophages furent pillés ou déplacés au fil des siècles, notamment par les chevaliers revenant des croisades qui les rapportaient en Provence. Aujourd’hui, plusieurs sont conservés au Musée départemental Arles antique, mais ceux restés sur place offrent encore une magnifique vision de l’art funéraire antique.

L’église Saint-Honorat : Un vestige médiéval empreint de mystère

Au cœur des Alyscamps, l’église Saint-Honorat est le dernier vestige d’un prieuré fondé vers 1040 par des moines bénédictins. Construite sur les restes d’une basilique plus ancienne, elle témoigne du rôle croissant des Alyscamps au Moyen Âge en tant que lieu de pèlerinage.

Malgré son aspect en ruines, l’église conserve une atmosphère mystérieuse et solennelle. On y trouve encore :

  • Une nef sobre et épurée, marquée par l’usure du temps.
  • Un chevet roman, qui rappelle l’architecture des grands édifices religieux provençaux.
  • Des chapiteaux sculptés, vestiges d’un art médiéval influencé par les traditions antiques d’Arles.

Saint-Honorat est également associé aux Templiers, qui auraient utilisé ce lieu lors de leur passage en Provence. Certains racontent que des rituels secrets s’y seraient déroulés, alimentant encore aujourd’hui l’imaginaire autour de cette église isolée.

Un site immortalisé par les artistes

Les Alyscamps, avec leur allée bordée d’arbres et de sarcophages, ont inspiré de nombreux artistes. Vincent van Gogh et Paul Gauguin, fascinés par l’atmosphère mélancolique du lieu, ont réalisé plusieurs toiles après y avoir peint ensemble en 1888. Leurs œuvres, aux couleurs vibrantes et aux perspectives troublantes, restituent la beauté étrange et intemporelle du site.

Conseils de visite

  • Meilleur moment pour y aller : En fin d’après-midi, lorsque la lumière dorée du soleil rasant accentue le relief des sculptures et l’ombre des platanes.
  • À ne pas manquer : Les sarcophages sculptés encore en place et l’église Saint-Honorat, dont l’intérieur mystérieux mérite un détour.
  • À combiner avec : Une visite du Musée départemental Arles antique, où d’autres sarcophages et vestiges des Alyscamps sont exposés.

Un lieu où l’histoire et le sacré se rencontrent

Les Alyscamps et l’église Saint-Honorat sont bien plus qu’un simple site archéologique : ils constituent un véritable voyage à travers les âges, où se croisent Rome antique, Moyen Âge chrétien et inspirations artistiques modernes. Ce cimetière mythique, autrefois l’un des plus célèbres d’Occident, continue de fasciner par sa beauté mélancolique et son atmosphère empreinte de mystère, faisant de lui un incontournable pour les amoureux d’histoire, d’art et de spiritualité.

Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : avril 2025

Plan Alyscamps et église saint-Honorat

Avis Alyscamps et église saint-Honorat

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Infos pratiques Alyscamps et église saint-Honorat

  • Adresse : Avenue des Alyscamps,
  • Itinéraire vers Alyscamps et église saint-Honorat : voir la carte
  • Téléphone : 0490493687
  • Prix et tarifs entrée Alyscamps et église saint-Honorat :

    3,5 euros

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