Rue très animée du quartier Saint-Michel. Devenue très commerçante, la rue était au départ “divisée “en deux parties : la première, qui se nommait alors rue de Saint-Germain, s’arrêtait à la muraille de Philippe-Auguste, au niveau de la porte de Buci (ancienne porte Saint-Germain) ; la deuxième s’appelait chemin du pilori.
Le numéro 61 de la rue ouvre sur la cour du commerce Saint-André qui elle même amène à la cour de Rohan. Les maisons y datent du 18ème siècle. La première des cours a été creusée sur les anciens fossés de l’enceinte de Philippe Auguste (il en reste d’ailleurs un vestige dans la troisième cour). Il reste dans la deuxième cour un ancien “pas de mule” qui aidait les gens à grimper sur leurs chevaux.
Sainte-Beuve vécut 10 ans au numéro 2, Marat avait installé son imprimerie au numéro 8 et le Dr Guillotin, qui donna son nom à la guillotine, avait son atelier au numéro 9. La cour de Rohan, elle, est divisée en trois cours. Elle dépendait autrefois de l’hôtel des archevêques de Rouen et l’on peut donc supposer que c’est de là que lui vient son nom.
Dans la première cour, on trouve encore un vestige de l’enceinte de Philippe Auguste. Le numéro 47 de la rue Saint-André-des-Arts était l’ancien hôtel de Navarre. A proximité Les rues de Buci, Dauphine et Mazarine Le passage du commerce Saint-André La cour de Rohan Le quartier de l’Odéon
Une rue de caractère entre vestiges médiévaux et effervescence contemporaine
Située au cœur du quartier Saint-Michel, dans le 6ᵉ arrondissement, la rue Saint-André-des-Arts est l’un de ces lieux parisiens où cohabitent sans heurts l’histoire millénaire et le quotidien trépidant. En quelques centaines de mètres, elle condense à elle seule l’évolution urbaine de la rive gauche, des vestiges de Philippe Auguste aux enseignes contemporaines, des cours pavées confidentielles aux terrasses bruyantes. Animée à toute heure, c’est une artère vivante qui mérite bien plus qu’un simple passage.
Une rue aux origines médiévales
Derrière son aspect commerçant et festif, la rue Saint-André-des-Arts cache une stratification historique d’une rare densité. À l’origine, elle était constituée de deux tronçons distincts : l’un s’appelait rue de Saint-Germain, et menait à la porte de Buci, alors limite urbaine marquée par l’enceinte de Philippe Auguste ; l’autre portait le nom plus rustique de chemin du Pilori, laissant entendre la présence d’un dispositif de châtiment public à proximité. Ce morcellement ancien subsiste dans l’atmosphère changeante de la rue selon les sections : un peu plus étroite, médiévale et sinueuse du côté Saint-Michel ; plus ouverte, commerçante et rectiligne en remontant vers Odéon.
Les cours intérieures : trésors cachés de la rive gauche
L’un des charmes les plus insoupçonnés de cette rue tient dans ses cours intérieures, accessibles par de simples passages, mais qui vous transportent instantanément dans un autre Paris.
Au numéro 61, s’ouvre la cour du Commerce-Saint-André, l’un des passages couverts les plus anciens de la rive gauche, pavée, bordée de petites boutiques, cafés et librairies. Cette cour a été creusée au XVIIIᵉ siècle sur les anciens fossés de l’enceinte de Philippe Auguste. Le tracé sinueux épouse encore les reliefs du passé, et un pan de muraille médiévale est toujours visible au fond de la cour de Rohan, à laquelle on accède en la traversant.
La cour de Rohan, qui dépendait autrefois de l’hôtel des archevêques de Rouen (d’où son nom), se divise en trois parties successives, chacune dotée de détails architecturaux rares : escaliers de pierre, corniches rustiques, jardins suspendus. Dans la deuxième cour, on peut voir un “pas de mule”, une marche de pierre qui permettait aux cavaliers de monter à cheval — témoin fascinant de la vie équestre quotidienne à l’époque moderne.
Les maisons datent du XVIIIᵉ siècle, et plusieurs portent encore des plaques émaillées anciennes ou des heurtoirs originaux. Peu de visiteurs prennent le temps d’y entrer, et c’est précisément ce qui fait de ces cours un secret bien gardé du quartier.
Une rue littéraire, politique et scientifique
La rue Saint-André-des-Arts n’a pas seulement vu passer l’histoire de Paris : elle a été habitée par ceux qui l’ont écrite.
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Sainte-Beuve, grand critique littéraire du XIXᵉ siècle, y vécut 10 ans au numéro 2. Il y écrivit une part importante de ses chroniques dans Le Constitutionnel.
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Au numéro 8, c’est Jean-Paul Marat, figure de la Révolution, qui avait installé son imprimerie clandestine. De ces presses sortaient les numéros enflammés de L’Ami du Peuple, appelant à la justice sociale et à la dénonciation des privilèges.
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Juste à côté, au numéro 9, le Dr Joseph-Ignace Guillotin, médecin, humaniste, et réformateur, y tenait son cabinet. C’est là qu’il perfectionna l’instrument de décapitation qui portera, malgré lui, son nom.
Le numéro 47 abritait l’ancien hôtel de Navarre, un hôtel particulier dont la façade conserve des traces d’appareillage classique et une belle porte cochère. L’édifice, aujourd’hui en partie réaménagé, reste un jalon discret mais important de l’histoire résidentielle du quartier.
Une artère animée, aujourd’hui commerçante et festive
Aujourd’hui, la rue Saint-André-des-Arts est vivante à toute heure, avec une forte concentration de restaurants, bars, librairies, boutiques indépendantes et cinémas d’art et d’essai. Le quartier est fréquenté aussi bien par les étudiants de la Sorbonne que par les touristes, mais l’ambiance reste parisienne, sans tomber dans le folklore.
Quelques adresses recommandées :
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Le Procope (entrée par la rue voisine) : plus ancien café de Paris, fréquenté par Voltaire et Diderot.
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La Jacobine, en fond de cour, pour une cuisine française généreuse dans un décor de maison de campagne.
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Le Saint-André, café typique en angle, idéal pour observer la rue.
Le soir, les terrasses se remplissent, les devantures s’illuminent, et la rue devient un théâtre vivant, propice aux flâneries nocturnes ou aux discussions animées.
Aux alentours : un entrelacs de ruelles historiques
La rue Saint-André-des-Arts s’insère dans un tissu urbain dense et riche, avec plusieurs ruelles adjacentes d’un grand intérêt patrimonial :
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La rue de Buci, toujours vibrante, avec son marché, ses bars, ses galeries.
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La rue Dauphine, qui mène droit au Pont-Neuf et à la vue sur l’île de la Cité.
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La rue Mazarine, plus discrète, bordée d’hôtels particuliers et de petites galeries d’art contemporain.
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Le quartier de l’Odéon, tout proche, avec son théâtre éponyme et ses librairies de fond.
Cette rue est un point de départ idéal pour explorer la rive gauche en profondeur, entre lieux historiques, secrets d’architectes et plaisirs contemporains.







