Le grand Béguinage

Source : Wikimedia

Nous sommes sur la place Saint-Jean-Baptiste au béguinage. Au milieu de la place, isolée sur tous ses côtés, l’église Saint-Jean-Baptiste. Qu’est-ce qu’un béguinage ? C’est un lieu où vivaient des béguines. Oui, bon. Mais qu’est-ce qu’une béguine ? Une béguine, c’est une femme qui consacre sa vie à Dieu, comme une religieuse, mais qui ne faisait pas de vœux perpétuels. C’est-à-dire que si elle le voulait, elle pouvait quitter son béguinage et se marier. Cela est parfois arrivé, même si ça a été assez rare. Les béguines portaient un costume comme les religieuses, vivaient ensemble autour de leur église, avaient une série d’offices religieux, auxquels elles étaient tenues d’assister ensemble. Les plus riches avaient leur propre maison, les plus pauvre vivaient à plusieurs dans des maisons communautaires. Elles étaient dirigées par une supérieure, appelée la Grande Dame. Ce type d’institution est assez caractéristique des anciens Pays-Bas et de la Belgique. Ici à Bruxelles, seule l’église du béguinage subsiste. Mais quelle est l’origine de ces curieuses institutions ? Ce type de vie est né au 12ème siècle, à une époque où des villes, comme Bruxelles par exemple, connaissaient une grande croissance démographique. En fait, il y avait de plus en plus de monde, et beaucoup plus de femmes que d’hommes. Ainsi, beaucoup de femmes étaient seules, ce qui était une situation peu enviable au Moyen Age, ne fût-ce qu’économiquement. Une solution pour une femme seule était alors d’entrer au couvent. Mais cela posait des problèmes, deux en particulier. Pour entrer au couvent, il fallait une dot. Si on était pauvre et pas aidée, ce n’était donc pas possible. Et puis, tout le monde n’avait pas nécessairement une vocation suffisante pour se soumettre perpétuellement à des règles de vie assez dures. Et c’est ainsi que le milieu béguinal va naître de cette situation. Des femmes se regroupent, afin de défendre leurs droits ensemble. Les autorités religieuses, qui voient d’un mauvais œil des groupes entiers de femmes se rassembler hors de leur contrôle, prier et faire leurs offices ensemble, vont s’efforcer de les contrôler. La crainte est en effet que des idées religieuses non orthodoxes se développent parmi ses femmes. En aucun cas, une femme ne peut se mêler de faire de la théologie, en dehors du contrôle des hommes. Aussi, les autorités donnent à ces nouvelles communautés de femmes un « proviseur », prêtre chargé de la gestion de leur vie spirituelle. On dit que le mot « béguine » viendrait du nom d’un certain Lambert le Bègue, prêtre de Liège, une ville du sud de la Belgique, qui aurait été le premier à structurer une communauté de femmes. Ceci est peu probable, même si les premiers béguinages se sont sans doute créés dans la vallée de la Meuse belge. Le mot béguine peut venir aussi d’une moquerie, car ces femmes étaient très pieuses bien sûr, et marmonnaient continuellement des prières, donnant l’impression de bégayer toutes seules. Ce mouvement de femmes a existé aussi en France. Mais les évêques français se sont montrés plus sévères, et ont fini par interdire ces rassemblements, par crainte qu’ils ne leur échappent. Ici, aux Pays-Bas, ils ont été autorisés, bien que fortement structurés. Les béguinages sont donc devenus des institutions typiques de ces régions, et se sont particulièrement développés aux 14ème et 15ème siècles. Il y avait plusieurs béguinages à Bruxelles. Celui où nous nous trouvons était le grand béguinage, appelé béguinage Notre-Dame de la Vigne. Ce béguinage était très puissant. A la fin du 14ème siècle, Bruxelles comportait 3000 habitants, et il y avait ici – tenez vous bien – 1200 béguines ! Ce grand béguinage avait de très importants revenus grâce à l’industrie du drap, la principale industrie de Bruxelles jusqu’au 18ème siècle. Elles tissaient effectivement du drap, et les autorités de la ville aimaient faire appel à elles pour leurs commandes, car elles étaient apparemment des prestataires plus faciles que la corporation des drapiers, orgueilleuse et sans cesse réfractaires aux règlements extérieurs. Ainsi, les béguines étaient très organisées à ce point de vue, et il le fallait, car elles ont toujours eu pas mal de démêlés juridiques avec les corporations de la ville, jalouses de leur réussite économique. Ainsi, ce béguinage, et les béguinages en général, avaient un rôle économique important dans les villes flamandes. L’église du béguinage, que nous voyons aujourd’hui, est maintenant au cœur de la ville. A l’époque des béguines, c’est-à-dire jusqu’à la fin du 18ème siècle, le béguinage constituait un véritable village à côté de la ville. Il faut imaginer cette place entourée de ruelles où s’accolaient petites et grandes maisons béguinales, le tout entouré d’une enceinte extérieure et d’un fossé. Ce type d’agencement peut encore très bien se voir à Bruges, par exemple. Le béguinage était donc isolé de la ville. C’est au 19ème siècle seulement, avec le grand développement urbain, que la ville s’est étendue ici, supprimant les remparts et les anciennes maisons.

Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : avril 2025

Plan Le grand Béguinage

Avis Le grand Béguinage

Note rédaction 0 / 4

Infos pratiques Le grand Béguinage

  • Adresse : ,
  • Itinéraire vers Le grand Béguinage : voir la carte

Dans les environs de Le grand Béguinage

Questions les plus fréquentes des voyageurs

Le béguinage de Bruxelles est un lieu chargé d’histoire, situé dans le quartier de la place Sainte-Catherine. Construit au XIIIe siècle, le béguinage de Bruxelles était un lieu de vie pour les béguines, des femmes laïques qui vivaient en communauté religieuse. Le béguinage est aujourd’hui un site touristique populaire pour son architecture charmante et ses jardins paisibles.

L’église du béguinage de Bruxelles, dédiée à Saint-Jean-Baptiste-au-Béguinage, est un exemple de l’architecture baroque flamande. Elle a été construite au XVIIe siècle et possède un intérieur richement décoré, avec de nombreuses œuvres d’art religieuses.

Le béguinage de Bruxelles est également connu pour sa salle de ventes, où sont organisées des ventes aux enchères d’objets d’art et de meubles anciens. La salle de ventes du béguinage de Bruxelles est réputée pour la qualité de ses produits et attire des acheteurs du monde entier.

Le béguinage de Bruxelles est un endroit paisible et serein, loin de l’agitation de la ville. Les visiteurs peuvent se promener dans les jardins du béguinage et admirer les belles maisons en brique rouge typiques de la région. Le béguinage de Bruxelles est également un lieu de culte, avec des messes régulières et des événements religieux tout au long de l’année.

En résumé, le béguinage de Bruxelles est un endroit unique et fascinant à visiter. Sa riche histoire, son architecture charmante et ses jardins paisibles en font un lieu de détente et de contemplation, idéal pour une escapade au cœur de la ville.

Télécharger votre guide Cityzeum de gratuit

Balades guides audio MP3 Cityzeum Le grand Béguinage

Scroll to Top