
Allemagne
Caractérisée par ses charmants villages
Cityzeum est une start-up spécialisée dans la création de contenus touristiques. En 2006, l’entreprise a lancé des guides de voyages bilingues sur PDA dans les grands hôtels parisiens, mais la distribution fut un échec. Elle s’est alors recentrée sur la distribution de contenus touristiques sur le web, avant de remettre activement un pied dans le mobile en 2011. Aujourd’hui, Cityzeum propose une soixantaine de guides de voyages complets, des balades audio PocketVox, des guides de voyage iPhone, des vidéos de voyage en mobilité et de balades guidées communautaires. La start-up vise également le marché international.
La plupart des équipes de Cityzeum provient du marketing et de la technologie dans le secteur du mobile entertainment. Ainsi, tout naturellement, l’idée première de Cityzeum en 2006 était de distribuer des guides de voyages bilingues sur PDA dans les grands hôtels parisiens, en location courte durée. Si le produit était plutôt réussi et plaisait aux utilisateurs, jouissait de fonctionnalités avancées (guidage GPS et cartographie interactive, 20 heures d’ audio guides, 4 000 points d’intérêt rien que sur Paris,…), la distribution fut un total échec avec un CA cumulé de 1 000€, condamnant le projet au bout de 6 mois.
Échaudé, Cityzeum s’est recentré sur la distribution de contenus touristiques sur le web, en reléguant les approches mobiles à des « pilotes » ou des stratégies de « prolongement de l’offre », sans pour autant déployer une véritable approche de retour sur investissement dans le secteur de la mobilité.
Ce n’est que fin 2011 que Cityzeum remet activement un pied dans le mobile, avec l’acquisition des guides de voyages pour Smartphone Navigaia. Si en date la part du CA mobile au sein des activités globales est inférieure à 10%, la roadmap produit 2012-2013 prend clairement en compte un renforcement et une dynamique pro-active sur les activités mobiles, avec le lancement programmé de nombreuses offres.
Cityzeum décline actuellement une stratégie SOLOMO : les contenus LOcaux édités par la start-up se montent à près de 80 guides collaboratifs gratuits, équivalents chacun à 500 pages d’un guide « papier » traditionnel, les téléchargements d’applications MObiles se comptent en centaines de milliers, et la dimension SOciale des services s’appuie sur les 400 000 avis de voyageurs et les commentaires d’experts… De plus, Cityzeum Travel prend position au niveau international, avec des guides déjà disponibles pour les marchés germano- et anglophone, et dans la licence de contenus et de services multimédia pour les grands comptes e-tourisme et autres agences de voyages en ligne.
Actuellement, Cityzeum Travel dispose de plusieurs services en mobilité :
Une soixantaine de guides de voyages complets, téléchargeables depuis l’Appstore sous la marque Navigaia, et couvrant les grosses destinations touristiques, en 3 langues (français, anglais, allemand). Ils permettent de consulter des guides de villes constitués de 300 à 1000 pois d’intérêt en tous genres (restaurants, à voir, à faire, sorties,…), des cartes off-line ne nécessitant pas de connexion data à l’étranger, des visites sous forme de parcours audio-guidés au format mp3, ainsi que des vidéos de courte durée de points d’intérêt. Il est possible de clipper ses favoris et de ne consulter que son guide « à la carte ».
Le tout est largement suffisant pour des découvertes de territoires de 1 à 5 jours. La distribution se fait de manière double, au moyen d’applications gratuites mais limitées dans la quantité de contenus mise à disposition, et d’applications payantes (et complètes!) à 0.79€ TTC généralement. Ces guides ont été déclinés en marque blanche pour Go Voyages, Sprice,…Ils sont compatibles iPhone, bientôt Android.
Près de 600 heures de visites audio-guidées au format Mp3, en 3 langues, à télécharger depuis www.pocketvox.com, ou depuis des sites de partenaires (Expedia, SNCF, Offices de tourisme…). Ces balades d’une durée de 1 à deux heures chacune relatent en détail les lieux, leur histoire, les faits remarquables ou insolites… . Couvrant les plus grosses zones touristiques mondiales, mais aussi des destinations moins courues, elles ont été élaborées grâce au support de guides conférenciers professionnels.
Elles sont vendues 3€ pour une visite simple de 1 à 2 heures et 10 euros pour un package complet de 7 à 10 heures.
Cityzeum sur iPhone, application de guide de voyages proposant gratuitement les contenus de cityzeum.com pour 15 000 points d’intérêt dans le monde. Les guides se basent sur des expériences de voyageurs, des informations issues d’offices de tourisme ou de journalistes, ainsi que sur 400 000 avis de voyageurs glanés sur Cityzeum.com
De nombreux projets mobiles vont voir le jour en 2013 chez Cityzeum Travel, avec entre autres des offres de vidéos de voyage en mobilité, des applications de guides mp3 sur smartphones et de balades guidées communautaires, de la réservation d’hébergements, et la déclinaison mobile de certains services du groupe Cityzeum.
Il est vain de penser que le mobile est juste une extension en mobilité de son offre web. En effet, les usages en situation de mobilité touristique (ou consultés depuis un mobile!) répondent à des exigences différentes, tant en matière de contenus que d’ergonomie ou de besoins fondamentaux du mobinaute
Dans une stratégie SOLOMO (pour SOcial, LOcal, MObile) très en vogue en ce moment, le MO est plus complexe qu’il n’y parait…
Ainsi, par exemple, dans un cas d’usage que nous connaissons bien sur la consommation d’information touristique, les mobinautes recherchent une profondeur de contenu beaucoup plus importante que sur le web («quel est le restaurant italien recommandé et le plus proche?»), ont besoin d’une géolocalisation irréprochable couplée à un dispositif de guidage intelligent prenant en compte leur mode de transport multi-modal, ont des besoins immédiats d’informations locales qui même sur le web sont quasi introuvables, veulent savoir si la visite vaut le déplacement (et ainsi la dimension sociale et d’avis de consommateurs peut prendre toute son importance)….
Même si «ou suis-je?», «qui a t il à faire et voir?», «c’est quoi ça?» et «ou manger?» sont les informations les plus sollicitées, les usages mobiles ouvrent une boite de Pandore et dévoilent des besoins toujours de plus en plus difficiles à rassasier.
A ce jour, à notre connaissance, aucune application touristique mobile permet de prendre en compte et surtout répondre de manière exhaustive aux besoins fondamentaux des voyageurs. Les développeurs d’applications ont encore du pain sur la planche et des opportunités de business importantes.
De manière générale, toutes les études menées montrent que le mobile ne cannibalise pas directement le business du guide papier. Les services d’information touristique en mobilité viennent en complément, apporter une valeur ajoutée absente d’un guide papier traditionnel : géolocalisation et carte interactive, recommandation sociale et avis de voyageurs, moteurs de recherche avec filtres d’accès rapide à l’information, quantité de contenu sans limite, multimédia (photo, audio, vidéo), guides on demand ….
La jeune génération (celle qui a un smartphone et plus de PC parfois !) a cependant tendance à délaisser le papier pour autant que ses besoins en mobilité soient couverts. Les autres sont dans des usages mixes, mais les plus technophiles sauront clairement passer à une offre 100% numérique…et bientôt 100% mobile ? « Content is King » tend à disparaitre en mobilité, pour laisser place à la notion de service
Si la situation était loin d’être identique il y a quelques années, aujourd’hui le top 50 des applications dans les stores est la plupart du temps cyber-squatté par les gros acteurs du voyage, disposant de moyens marketing relativement importants pour mettre en place leur stratégie mobile. Cela limite d’autant le nombre de chances de voir une application nouvelle s’installer durablement dans les tops.
Un grand nombre d’applications fraîchement publiées fait une «cloche», arrivant à se positionner quelques jours dans le top 10, voir 5 et redescendant rapidement dans les queues du classement. Ainsi, la durée de vie «sous les projecteurs» d’une application mobile étant généralement de quelques mois, une grande prudence est recommandée quant à l’allocation de son budget marketing pour la faire connaître et l’installer durablement dans le panorama des applications de m-tourisme.
Marketer une application mobile est devenu plus compliqué et coûteux que de marketer un site web. En effet l’accès et le parcours de téléchargement des applications par les internautes sont moins quantifiables et contrôlables que sur le web, pour diverses raisons : nombre de place de facto limité dans le top 50 des applications, moteurs de recherche des stores moyennement pertinents, absence de liens sponsorisés associés à une même recherche simultanée, pauvreté des outils « analytics » ….
Il reste néanmoins plusieurs solutions pouvant être envisagées pour développer le nombre de téléchargement d’une application de voyage mobile:
Bien souvent, il est recommandé de tester tous les dispositifs naturels et gratuits avant de passer à une stratégie de communication plus engageante, coûteuse (et souvent sur-payée par rapport à la réalité économique à court ou moyen terme!).
Ainsi, avant d’établir un budget marketing alloué à une application, il convient d’établir un estimatif concret et réaliste de son propre retour sur investissement. Le nombre de téléchargement n’est pas le seul critère à suivre… et il faut penser au nombre d’ouverture, à la récurrence d’usage et au taux de ré-usage, à la durée de vie dans le mobile du téléchargeur, au filtre ergonomique pour arriver jusqu’aux rubriques marchandes ou monétisables, à la difficulté et propension à acheter depuis le mobile …
Un véritable entonnoir dans certains cas qui peut justifier la difficulté à trouver un modèle économique viable.
Clairement, une application payante a un potentiel de téléchargement très très en dessous d’une application gratuite, et ceci indépendamment du prix parfois. Quelques applications freemium (des fonctions gratuites combinées avec une offre premium payante) peuvent néanmoins tirer leur épingle du jeu dans la mesure ou la partie premium a suffisamment de valeur ajoutée. Mais rares sont les internautes prêts à payer pour une application touristique qui peut se retrouver gratuitement par ailleurs, même avec une valeur ajoutée un peu moindre.
La publicité traditionnelle à l’affichage, même avec des niveaux de CPM élevés entre 2 à 10€ net éditeur permet de générer des revenus relativement faibles pour une application non « blockbuster ». Ainsi, une petite simulation (dont les hypothèses sont toujours discutables !) pour une application réalisant 50 000 téléchargements par mois, ce qui est déjà conséquent : 50 000 téléchargements * 80 % taux d’ouverture de l’application * 70 % taux moyen de remplissage en publicité premium * 5 pages vues avec publicité par session * 5 € CPM / 1000 affichages = environ 700€ / mois
Il existe d’autres pistes de monétisation pour tenter de rentabiliser une application mobile voyage :
En date, rares sont les applications réellement rentables dans les stores de téléchargement mobile, et il peut être judicieux de penser sa stratégie de développement mobile comme un prolongement de son offre, sans notion de rentabilité intrinsèque pour l’application elle-même mais avec une vision plus globale qui peut selon les cas permettre de toucher des cibles différentes plus jeunes, prescriptives et plus branchées, de réduire sa dépendance au web et adresser ce trafic mobile en forte croissance, de faire de l’acquisition d’email moins agressif que par différents canaux d’acquisition web, de tester des mises en avant de type placement de produit ultra-visibles, de chouchouter son lectorat avec des offres premium en mobilité, de développer des offres de CRM attrayantes, de décrypter des usages naissant, de capter un trafic saisonnier, de copier son concurrent sans trop savoir pourquoi, …
Fondateur de Cityzeum Travel, Julien Laz est sorti de Centrale Lyon en 1997. Après un passage dans le conseil aux entreprises, il entre chez un opérateur Telecom au business planning avant de devenir responsable du développement d’une start-up dans l’univers du multimedia mobile. Grand voyageur dans l’ame, il entreprend un tour d’Asie de plusieurs mois en 2005 avant de fonder Cityzeum une année plus tard.
Navigaia : www.navigaia.com
Pocketvox : www.pocketvox.com
Applis dans iTunes : http://itunes.apple.com/fr/artist/navigaia/id329837580?uo=4
Julien Laz : http://julienlaz.wordpress.com
Cityzeum Travel Mobile est un exemple de transformation et d’innovation dans le secteur du tourisme. L’entreprise a su s’adapter aux tendances du marché pour offrir des services adaptés aux besoins des voyageurs modernes.
Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur et fondateur de Cityzeum
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