Nous allons vous donner quelques précisions sur l’histoire du parc SHIBA et du temple ZOJOJI. Il s’agit d’un des plus anciens parcs du Japon, car il fut ouvert au public en 1873 au même moment que les parcs UENO (OUéNO), ASAKOUSA, FOUKOUGAWA et ASUKAYAMA. Sa superficie n’a cessé d’être rognée par les édifices religieux du ZOJOJI et par les constructions d’établissements hôteliers en 1964 et 2004. Ainsi, il ne reste plus qu’une ceinture de verdure autour du temple et le terme : « Parc » ne correspond pas à l’image que vous attendiez probablement, n’est-ce pas ? Le ZOJOJI reste le temple principal du mouvement bouddhiste JODO SHOU, dit « de la terre pure ». Très bien, mais qu’est-ce que cela signifie ? Et bien, revenons aux 12e et 13e siècles. Et plus précisément en 1185 : nous sommes à la fin de la période HEIAN, et le Japon est en proie à une succession de catastrophes naturelles, aux famines, aux épidémies. Et même à une crise des consciences liée à l’irruption de moines belliqueux et de guerriers à la tête du pays. Bref, c’est le désordre religieux dans une société désorganisée. Des religieux éprouvent alors la nécessité de réformer ce Bouddhisme discrédité. Une flopée de mouvements apparaît sous l’influence de prêcheurs qui prétendent que -pour sauver l’humanité- il faut rendre les doctrines plus accessibles à tous les milieux sociaux. L’un d’eux -appelé HONEN- affirme que pour être sauvé des enfers bouddhiques et atteindre l’éveil, il ne faut pas étudier les textes, mais juste avoir la foi en invoquant la gloire au Bouddha Amida. « NAMU AMIDA BUTSU » , devient l’expression consacrée. Cette idée, mal reçue par la hiérarchie du mouvement TENDAI auquel HONEN appartenait depuis l’adolescence, divise le TENDAI en clans. HONEN fonde alors le JODO SHOU, la « secte » de la Terre Pure qui prône un nouveau Bouddhisme plus simple, mais révolutionnaire. Comme le grand SHOGUN TOKOUGAWA IéYASU établit son gouvernement en 1590 à EDO, l’actuelle Tokyo et qu’il était un fervent partisan du mouvement JODO SHOU, il décida d’installer en 1598 le ZOJOJI sur la zone du parc SHIBA. Ce site rattaché à la famille militaire TOKUGAWA devint un centre de gestion administrative qui contrôlait les études religieuses et grammaticales de milliers d’étudiants. Le site s’étendait à l’époque sur 826.000 mètres carrés incluant 46 temples annexes. Plus de 3000 prêtres et élèves y résidaient en permanence. La fin du règne de la famille TOKUGAWA et l’ouverture de l’ère MEIJI en 1868 renforcèrent les mouvements anti-bouddhisme, le ZOJOJI fut abandonné puis brûlé par les raids aériens de la Seconde Guerre mondiale. Les bâtiments que vous voyez donc à ce jour sont d’une construction relativement récente. Ce lieu demeure cependant encore le centre actif principal des adorateurs du mouvement de la Terre Pure.

Tokyo
Tokyo regorge de monuments surprenants