Et revenons-en maintenant à la visite ! En face de vous, au fond de la cour, se dresse le DAIDEN (DAILLE DEN). C’est le bâtiment principal, qui fut reconstruit en 1974. La combinaison d’une architecture bouddhique traditionnelle avec des matériaux modernes est remarquable. Et la vue du temple avec la tour de Tokyo juste derrière donne une image saisissante du mélange de la tradition et de la modernité au Japon. Regardez attentivement le temple. Nous allons essayer de voir ce qui fait la spécificité de cette architecture. Comme le temple grec, le temple japonais est construit pour être vu de l’extérieur: le fidèle reste à l’entrée pour faire ses dévotions. C’est d’ailleurs un peu pour cela que la toiture se prolonge même au devant de la porte centrale en une sorte de marquise supportée par des colonnes. Comme cela, elle abrite le fidèle qui appelle le dieu d’un coup de gong, le salue, frappe dans ses mains pour le congédier et s’en va. A l’intérieur, tout est noyé dans une demi-obscurité. L’énorme toiture, qui déborde à l’extérieur sur le monument, l’écrase et en dissimule les détails. Elle est supportée tantôt par des poteaux carrés, tantôt comme ici par des colonnes rondes, munies à leur pied d’un simple tore garni de métal et dépourvues de chapiteau à leur sommet. Est-ce qu’un détail vous surprend sur le toit ? Oui, en effet les 2 cornes. Vous vous demandez peut-être à quoi servent ces deux « cornes » de chaque côté ? Et bien elles sont destinées à chasser les démons. Pour un Occidental, un tel édifice religieux est étonnant. Pas d’élan vertical comme dans nos églises, au contraire, on a le sentiment que le temple est écrasé par son toit. Alors qu’en Occident, l’architecture religieuse a évolué dans le sens d’une élévation de plus en plus grande au fur et à mesure que les techniques se perfectionnaient, les temples bouddhistes sont trapus, ancrés dans le sol. Et ce, pour une raison simple : les églises s’élèvent vers le ciel pour guider le fidèle vers Dieu ; mais pour les bouddhistes, « Dieu » n’habite pas un lieu précis, il n’est pas plus dans le ciel qu’ailleurs. C’est la Nature entière qui contient le spirituel et le temple doit être une image de l’harmonie entre ses différents éléments. Bon. Et puis il y aussi des raisons plus pratiques : car nous sommes au pays des tremblements de terre : on y préfère les bâtiments qui ont des assises solides, bien larges et stables !

Tokyo
Tokyo regorge de monuments surprenants