Êtes vous au centre de la place et au pied de l’immense colonne de marbre rose supportant une vierge dorée dressée sur un croissant de lune ? Alors, débutons justement notre promenade par cet imposant monument et admirons tout d’abord son haut socle rectangulaire. Nous voyons qu’il est orné de 4 sculptures de bronze quasiment identiques et placées respectivement à chaque angle. Faites une fois le tour du socle pour contempler ces 4 chefs-d’œuvre de bronze. Ces sculptures, exécutées en 1590, ne sont-elles pas ravissantes et en même temps dramatiques ? Il y a un véritable contraste entre l’aspect jovial de ces angelots bien joufflus revêtus d’une armure et d’un casque romain et la violence de leur geste qui consiste à terrasser un serpent ou un dragon. Mais, observez bien la puissance du mouvement se dégageant de ces œuvres. Fixez-vous sur une face. Tantôt l’ange s’apprête à percer d’une lance le monstre tombé à ses pieds, tantôt il dresse avec fureur son épée tout en se protégeant avec un bouclier. Malgré le visage poupin des angelots et leur petite taille, l’artiste a su rendre à la perfection la violence de l’action. Regardez notamment les gestes pleins d’emphase : ils donnent l’impression que les angelots puisent leurs dernières forces et que les angelots prennent de l’élan. Mais regardez aussi les plis de la jupe : ils semblent gonflés par le vent provoqué par leurs mouvements qui du coup paraissent furieux. Mais que peuvent bien signifier ces étranges scènes ? Il s’agit d’une iconographie traditionnelle à l’époque baroque. Les monstres représentent les principaux maux contemporains que combattent des anges célestes : la famine, la guerre, la peste et l’hérésie ! Par hérésie, il faut comprendre le protestantisme contre lequel les Bavarois – restés catholiques – luttèrent pendant tout le 17e siècle. Au centre du socle s’élève la colonne proprement dite qui supporte à son sommet la protectrice de Munich : la Vierge ! Levez les yeux vers cette dernière entièrement recouverte de feuilles d’or. Elle est un peu rigide ne trouvez vous pas ? Marie est montrée comme la Reine des Cieux. Enveloppée dans un long manteau, elle porte sur sa tête une couronne royale et tient dans une main un sceptre. Elle symbolise à nouveau la victoire des catholiques sur les protestants. Elle se dresse sur un croissant de lune faisant allusion à la femme de l’apocalypse décrite dans l’Évangile de Saint-Jean. En effet, dans ce dernier texte, l’apôtre fait allusion à un dragon à 7 têtes qui frappe de sa queue les étoiles quand apparut sur un croissant de lune la femme de l’apocalypse. Au 17e siècle, les artistes assimilèrent souvent cette apparition à la vierge pour montrer le triomphe de la foi catholique sur le dragon protestant.
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