A la rencontre de l’histoire, rendez-vous à LA PLACE TIAN AN MEN. Au centre de Beidjing (Pékin), cette immense place de 40 ha est le lieu de toutes les manifestations historiques. En octobre 1949, s’y tient la fondation de la République populaire de Chine. C’est également à la porte Tian An Men, entrée principale de la cour impériale des Ming et des Qing, que furent proclamés les édits impériaux. Mais ce qui rend célèbre cette place, ce sont les manifestations qui y ont eu lieu entre le 15 avril et le 4 juin 1989 : mouvement d’étudiants, d’intellectuels et d’ouvriers chinois, qui dénonçaient la corruption et demandaient des réformes politiques et démocratiques. La contestation s’étendit à la plupart des grandes villes de Chine comme Shanghai, et aboutit à Pékin à une série de grandes manifestations et de grèves de la faim organisées sur la place Tian’anmen. Ce mouvement est connu en Chine sous le nom de « mouvement du 4 juin », hors de Chine, il est appelé « Massacre de la Place Tian’anmen ».
Tian’anmen : une place, un pouvoir, une mémoire
Cœur politique de la Chine et l’un des lieux les plus chargés d’histoire du XXe siècle, la place Tian’anmen (天安门广场), littéralement « place de la Porte de la Paix céleste », s’étend au centre de Pékin, sur plus de 40 hectares. C’est la plus grande place urbaine du monde, un vaste espace minéral entièrement dégagé, conçu pour accueillir défilés militaires, rassemblements officiels et manifestations d’État. C’est aussi un symbole de pouvoir absolu, depuis les dynasties impériales jusqu’au Parti communiste chinois, et un lieu de mémoire complexe, au croisement du sacré, de l’autoritaire et du contestataire.
Une place impériale devenue centre du pouvoir populaire
-
Tian’anmen est dominée au nord par la porte monumentale du même nom, construite sous la dynastie Ming (début du XVe siècle) et restaurée au XVIIe siècle sous les Qing
-
Cette porte, autrefois entrée officielle de la Cité interdite, était utilisée pour la proclamation des édits impériaux devant la foule réunie au sud
-
En octobre 1949, Mao Zedong y proclame la fondation de la République populaire de Chine, marquant le basculement définitif du pays dans l’ère communiste
-
Depuis, le portrait géant de Mao, suspendu sur la façade de la porte Tian’anmen, veille sur la place comme une icône inaltérable du pouvoir central
Une architecture pensée pour l’autorité
La place elle-même fut aménagée dans sa forme actuelle à partir des années 1950, selon un modèle d’urbanisme soviétique, puis réaménagée après les événements de 1989. Elle est encadrée par des bâtiments massifs aux fonctions représentatives ou idéologiques.
-
À l’est : le Musée national de Chine, fusion du musée d’histoire et du musée de la révolution
-
À l’ouest : le Grand Hall du Peuple, où se tiennent les sessions de l’Assemblée nationale populaire
-
Au sud : le mausolée de Mao Zedong, imposé au cœur même de la place, attirant chaque jour des milliers de visiteurs en recueillement silencieux
-
Le sol est volontairement uniforme et dépouillé, pensé pour mettre en scène la foule et l’État, sans distraction ni obstacle à la surveillance
Le mouvement du 4 juin 1989 : mémoire censurée
Tian’anmen est aussi le théâtre d’un épisode tragique de l’histoire contemporaine chinoise : les manifestations du printemps 1989, un vaste mouvement de contestation pacifique, conduit par des étudiants, des intellectuels et des ouvriers, réclamant des réformes politiques, la fin de la corruption, et davantage de libertés publiques.
-
Commencées le 15 avril 1989, les occupations de la place s’intensifient avec des grèves de la faim et des rassemblements quotidiens
-
Le mouvement est soutenu dans de nombreuses grandes villes chinoises, notamment à Shanghai, Nankin ou Canton
-
Dans la nuit du 3 au 4 juin, l’armée intervient brutalement à Pékin : les chars entrent dans la ville, la place est évacuée de force, les victimes sont nombreuses
-
À l’étranger, on parle de massacre de la place Tian’anmen, tandis qu’en Chine, l’événement reste strictement censuré et est désigné par l’expression neutre de « mouvement du 4 juin »
-
L’image de l’homme devant les chars (Tank Man), captée anonymement, est devenue un symbole universel de résistance non violente, bien qu’elle soit inconnue de la majorité des Chinois aujourd’hui
À voir
-
La porte Tian’anmen, surmontée de son portrait de Mao
-
Le mausolée de Mao Zedong, visible tous les matins (sauf le lundi)
-
Le Grand Hall du Peuple, architecture monumentale soviétisante
-
Le Musée national de Chine, qui retrace l’histoire du pays de la préhistoire à nos jours
-
Le Monument aux Héros du Peuple, obélisque centrale dédiée aux martyrs de la révolution
À faire
-
Monter sur la porte Tian’anmen pour une vue d’ensemble de la place
-
Observer la cérémonie du lever ou de la descente du drapeau, à l’aube ou au crépuscule, avec une garde militaire en uniforme
-
Visiter le musée national, l’un des plus grands du monde en superficie
-
Rendre visite au mausolée de Mao, après une longue file silencieuse et encadrée
-
Contempler les contrastes d’architecture et d’échelle, révélateurs de la mise en scène du pouvoir
Conseils de visite
-
Sécurité renforcée : présence policière importante, contrôles aux entrées, sacs fouillés, photos surveillées
-
Respect strict des consignes, notamment à l’entrée du mausolée
-
Pas d’allusion politique autorisée sur place, ni de distribution de documents ou de manifestations, même symboliques
-
Entrée libre pour la place, sauf pour le musée, la porte Tian’anmen et le mausolée (gratuit mais file d’attente)
À proximité
-
La Cité interdite, accessible depuis la porte Tian’anmen, chef-d’œuvre impérial
-
Le parc de Jingshan, pour une vue en hauteur sur l’ensemble du centre historique
-
La rue Qianmen, pour une promenade plus commerçante et animée
-
La place Tian’anmen Est, accès rapide au métro et aux artères commerciales modernes

