L’église de La Martorana fut construite en 1149 par Georges d’Antioche, un amiral syrien au service de Roger II, roi de Sicile. Observant encore les rites byzantins, elle est en forme de croix grecque. Dédiée à la Madone, elle fera partie d’un couvent renommé à la fin du XIIème siècle, le couvent de la Martorana, du nom de ses propriétaires. Celui-ci sera par la suite cédé aux Bénédictins.
Malgré les restructurations successives, elle reste un monument d’une grande importance. L’escalier de la façade sera ajouté au XIXème siècle. Ses mosaïques sont les plus anciennes de la Sicile.
A voir :
- Le campanile du XIII° siècle,
- les mosaïques byzantines,
- le Christ Pantocrator dans la coupole,
- la mosaïque de Roger II couronné par le Christ dans la nef.
A faire :
- Venir écouter la messe, les chants sont magnifiques.
La Martorana : Une splendeur byzantine au cœur de Palerme
L’église de la Martorana, officiellement appelée Santa Maria dell’Ammiraglio, est l’un des joyaux architecturaux et artistiques les plus fascinants de Palerme. Située sur la Piazza Bellini, cette église, fondée en 1149 par Georges d’Antioche, un amiral syrien au service du roi Roger II, incarne l’harmonie entre les influences normandes et byzantines, témoignant du multiculturalisme florissant de la Sicile médiévale.
Une histoire multiculturelle
Initialement dédiée à la Vierge Marie, l’église fut construite selon le rite byzantin, avec un plan en croix grecque, typique des églises orthodoxes. Elle devint rapidement un symbole de l’importance de la communauté grecque en Sicile. Au fil des siècles, elle fut intégrée à un couvent bénédictin fondé à la fin du XIIᵉ siècle par la noble Eloisa Martorana, qui donna son nom à l’église.
Malgré les nombreuses restructurations, notamment au Baroque et au XIXᵉ siècle, l’église a su préserver une grande partie de son essence originelle, notamment grâce à ses précieuses mosaïques byzantines.
Une architecture riche et complexe
Le campanile du XIIIᵉ siècle
Le campanile roman, ajouté au XIIIᵉ siècle, est l’une des premières structures que l’on remarque en arrivant à la Martorana. Avec ses ouvertures en arc et ses décorations géométriques, il reflète l’influence normande et arabe dans l’architecture sicilienne. Une montée à son sommet offre une vue imprenable sur les toits de Palerme.
La façade et l’escalier du XIXᵉ siècle
La façade actuelle, enrichie par un escalier monumental au XIXᵉ siècle, contraste avec le style original de l’église. Elle illustre les modifications successives qui ont transformé l’édifice tout en enrichissant son histoire.
Les mosaïques byzantines : un trésor sacré
L’un des points forts de la Martorana réside dans ses mosaïques byzantines, les plus anciennes de Sicile. Ces œuvres, réalisées au XIIᵉ siècle, éblouissent par leur éclat doré et leur raffinement artistique.
Le Christ Pantocrator
Au centre de la coupole trône le Christ Pantocrator, une représentation typique de l’art byzantin, entouré d’anges et d’inscriptions en grec. Cette image impose une présence divine majestueuse, offrant une expérience visuelle et spirituelle unique.
Roger II couronné par le Christ
Dans la nef, une mosaïque représente une scène rare et symbolique : Roger II, roi normand de Sicile, est couronné directement par le Christ. Cette image illustre la légitimité divine revendiquée par les rois normands et leur rôle de protecteurs de la foi chrétienne en Sicile.
Autres mosaïques
Les murs et les voûtes sont décorés de mosaïques représentant des scènes de la vie de la Vierge Marie, des prophètes et des saints. Ces œuvres témoignent de la richesse iconographique et de la maîtrise des artistes byzantins qui ont travaillé sur ce projet.
Une expérience spirituelle unique
La Martorana est encore un lieu de culte actif, où se déroulent des messes selon le rite gréco-catholique. Assister à une célébration est une expérience inoubliable, notamment grâce aux chants liturgiques et à l’acoustique exceptionnelle de l’église. Les hymnes byzantins, souvent chantés en grec, plongent les visiteurs dans une atmosphère mystique.
À voir absolument
- Le campanile : Une fusion parfaite de styles romans et islamiques.
- Le Christ Pantocrator : La pièce maîtresse des mosaïques de la coupole.
- La mosaïque de Roger II couronné par le Christ : Une œuvre historique unique.
- Les fresques baroques : Ajoutées lors des modifications ultérieures, elles coexistent avec les mosaïques d’origine.
- L’élégance du sol en marbre : Un exemple de l’art du pavage typique des églises siciliennes.
À proximité
- L’église San Cataldo : Située sur la même Piazza Bellini, cette église aux dômes rouges est un exemple frappant d’architecture normande-arabe.
- Le Quattro Canti : À quelques minutes à pied, cette place baroque est le carrefour central de Palerme.
- Le marché de Ballarò : Idéal pour une immersion dans la vie animée de Palerme et pour déguster des spécialités locales.
Conseils pour une visite réussie
- Horaires : Vérifiez les horaires d’ouverture avant de vous rendre à l’église, car ils peuvent varier en fonction des célébrations religieuses.
- Habillez-vous modestement : Comme dans tout lieu de culte, une tenue respectueuse est requise.
- Assistez à une messe : Les chants byzantins sont une expérience à ne pas manquer.
- Explorez les alentours : La Piazza Bellini et ses environs offrent une richesse architecturale et culturelle qui mérite une promenade.
Un joyau intemporel
L’église de la Martorana est bien plus qu’un simple édifice religieux : c’est un pont entre les cultures, les époques et les confessions. Son mélange unique de traditions byzantines, normandes et siciliennes, ainsi que ses mosaïques étincelantes, en font un incontournable pour quiconque visite Palerme. Que vous soyez passionné d’histoire, d’art ou simplement curieux, la Martorana saura vous émerveiller.

