La médina d’Hammamet s’étend sur un petit espace sur la pointe sud de la ville. Ceinturée par des remparts, ces derniers sont percés de trois entrées. Hammamet étant un lieu très fréquenté des touristes, un soin particulier semble être apporté pour conserver l’éclat de la petite médina. Dans le dédale de ruelles qui s’entrecoupent, les boutiques sont nombreuses au niveau du souk. Les marchands sont la plupart des roublards chevronnés au bagout interminable, qui promet une sérieuse séance de négociations. Il faut y regarder à deux fois car les babioles de piètre qualité sont innombrables. Difficile de ne pas avoir le sentiment d’être pris pour un touriste un peu bêta au milieu de tous ces objets souvenirs. Une boutique de prêt-à-porter demeure incontournable, Fella, où quelques grands noms ont fait des emplettes : Greta Garbo, Grace de Monaco… Il n’en reste pas moins que la balade dans la médina est plus qu’agréable dès que l’on atteint certains passages moins passant : on s’étonne alors de la blancheur éclatante des façades de ses maisons, et des belles portes peintes de couleurs vives et richement décorées, dont certains contours sont sculptés.
La médina de Hammamet : entre mémoire andalouse et pulsations touristiques
À l’extrémité sud de la ville, adossée à la mer, la médina de Hammamet dresse ses remparts ocre contre le ciel méditerranéen. Moins vaste que celles de Tunis ou Sousse, elle se distingue par son implantation stratégique en bord de mer, sa lumière éclatante et l’équilibre précaire entre héritage architectural et vie commerciale très animée. Si l’afflux touristique a transformé certains de ses usages, il reste possible de s’y perdre avec bonheur, entre façades blanchies à la chaux, portes peintes et venelles silencieuses.
Un espace clos chargé d’histoire
Fondée probablement au XVe siècle, sur les ruines d’une bourgade antique, la médina de Hammamet s’étend sur à peine quelques hectares, protégée par une enceinte polygonale percée de trois portes d’accès. Ces remparts, restaurés à plusieurs reprises, forment une ceinture défensive tournée vers la mer, avec une kasbah datant de l’époque hafside (XIVe siècle), aujourd’hui ouverte au public et offrant une vue spectaculaire sur la baie, les toits de la médina et le golfe de Hammamet.
Ce tissu urbain ancien a conservé, malgré la pression touristique, son réseau de ruelles étroites, irrégulières, typique de l’urbanisme arabo-musulman, conçu pour préserver la fraîcheur, l’intimité et la circulation des vents.
Souks et boutiques : entre artisanat authentique et souvenirs standardisés
Le cœur de la médina est occupé par un petit souk, concentré autour de quelques artères principales. On y trouve une profusion de boutiques de souvenirs, dont beaucoup vendent des objets importés ou produits en série : céramiques bon marché, babouches synthétiques, sacs en cuir de qualité variable, vêtements de plage, etc. Les marchands y déploient une verve commerciale intense, souvent empreinte d’humour mais parfois envahissante.
Il faut accepter le jeu de la négociation, qui fait partie de l’expérience, tout en conservant un œil critique : tout ne se vaut pas, et peu d’échoppes proposent de l’artisanat véritablement local ou traditionnel. Pour les amateurs de qualité, il est conseillé de privilégier les ateliers d’artisans établis depuis plusieurs générations, parfois plus discrets, qui travaillent le cuivre, le bois sculpté ou la céramique selon des techniques anciennes.
Une adresse emblématique : la boutique Fella
Parmi les exceptions notables figure la boutique de prêt-à-porter Fella, réputée depuis les années 1950. Installée dans une maison traditionnelle, elle a su séduire des figures telles que Greta Garbo ou la princesse Grace de Monaco, venues chercher ici des pièces uniques mêlant tissus traditionnels et coupes modernes. Bien que haut de gamme, cette adresse demeure un passage intéressant pour qui cherche une pièce textile d’inspiration tunisienne mais travaillée avec raffinement.
Entre deux ruelles : le charme inattendu des zones plus calmes
Pour découvrir une autre facette de la médina, il faut s’éloigner du souk, prendre un tournant à l’ombre d’une arcade, longer un muret fleuri, et tomber sur une ruelle silencieuse, bordée de maisons blanches aux portes magnifiquement décorées. Certaines sont peintes en bleu cobalt, vert pistache ou jaune moutarde, souvent encadrées de motifs sculptés dans le stuc ou la pierre, témoins de la richesse ornementale maghrébine.
Dans ces zones plus calmes, le regard peut se poser sans être happé, et l’on ressent l’âme résidentielle de la médina, avec son linge suspendu aux fenêtres, ses seuils décorés de mosaïque, et l’odeur mêlée du jasmin, du thé à la menthe et de la mer toute proche.
À voir autour de la médina
-
La kasbah : surplombant les remparts, elle propose une belle promenade sur les fortifications, avec des vues imprenables au coucher du soleil. On y trouve également un petit musée retraçant l’histoire défensive du site.
-
La grande mosquée de Hammamet : sobre et élégante, elle n’est pas ouverte aux non-musulmans mais peut être admirée depuis l’extérieur.
-
La plage nord de la médina : juste à l’extérieur des remparts, cette petite bande de sable offre un cadre photogénique, avec les murs ocre de la ville plongeant littéralement dans la mer.
Conseils pour une visite réussie
-
Horaires : privilégiez la matinée ou la fin d’après-midi pour éviter la chaleur et la foule.
-
Négociation : abordez-la avec le sourire, sans pression. Ne vous sentez pas obligé d’acheter.
-
Photographie : respectez la vie privée dans les ruelles résidentielles. Demandez l’autorisation avant de photographier les habitants ou les maisons.
-
Sorties gourmandes : plusieurs salons de thé discrets ou restaurants installés sur les toits permettent de faire une pause avec vue sur la mer ou les remparts.
Une médina miniature, mais évocatrice
La médina de Hammamet, bien que de dimension modeste et marquée par la pression touristique, conserve des coins d’une beauté saisissante, notamment dans ses zones résidentielles peu fréquentées. C’est une belle introduction à l’architecture traditionnelle tunisienne, accessible à tous, et une manière de ressentir l’alchimie entre ville arabe, lumière méditerranéenne et vie balnéaire.
En s’éloignant des allées marchandes et en prenant le temps d’observer, la médina dévoile ses couleurs, ses textures, ses silences – et c’est là que réside, peut-être, sa véritable richesse.
