Comme les deux autres cirques de l’île, le cirque de Mafate est un lieu naturel propice aux randonnées et à la découverte de la nature luxuriante de La Réunion. Mafate est d’ailleurs le plus sauvage et le moins touristique. Il n’en est pas pour autant inintéressant. Uniquement accessible à pied, ce cirque et ses habitants aiment leur isolement et la vie calme disponible ici. Au milieu de la nature, promenez-vous en ouvrant les yeux sur les ravines, les arbres et les milles autres beautés de Mafate.
Mafate, l’ultime refuge au cœur de La Réunion
Perdu au centre de l’île de La Réunion, le cirque de Mafate se cache derrière les remparts volcaniques comme un monde à part, ciselé dans le basalte et cerné de ravines abruptes. Inaccessible par la route, vivant au rythme de ses sentiers escarpés, Mafate est le sanctuaire sauvage de l’île intense, un territoire où l’homme n’est qu’un hôte respectueux d’une nature magistrale.
C’est sans doute l’un des derniers lieux en France où la marche est une condition d’accès, où chaque ravitaillement arrive par hélicoptère, et où le silence est une ressource partagée. Pour les marcheurs, les amoureux d’authenticité ou les rêveurs en quête de déconnexion, Mafate n’est pas une simple randonnée : c’est une expérience à part entière.
Un cirque né du feu et du temps
Comme les cirques de Salazie et de Cilaos, Mafate est une caldeira effondrée, issue du volcan du Piton des Neiges, désormais éteint. Mais contrairement à ses voisins, Mafate est resté hors du temps : aucune route ne le traverse, aucune voiture n’y circule, et les seuls moteurs que l’on entend sont ceux des hélicos ravitailleurs qui tournoient entre les sommets.
Mafate s’étend sur environ 140 km², et ses parois rocheuses culminent parfois à plus de 2000 mètres. Ses reliefs fracturés, ses ravines profondes, ses remparts imposants et ses plateaux suspendus composent un décor dramatiquement grandiose, façonné par l’érosion et les pluies tropicales.
Un monde de sentiers et de “îlets”
L’une des particularités de Mafate est sa répartition en petits hameaux appelés “îlets”, accrochés sur des promontoires, nichés au creux des ravines ou sur des plateaux herbeux. Ces îlets sont les seuls lieux habités du cirque, souvent habités par des familles créoles aux origines modestes, descendants des “petits blancs des hauts” ou des marrons, esclaves en fuite qui furent les premiers à s’installer ici au XVIIIᵉ siècle.
Parmi les îlets les plus connus :
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La Nouvelle, le plus grand et souvent le point d’entrée pour les randonneurs venant du col des Bœufs.
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Marla, perché à 1640 m d’altitude, offre une vue panoramique sur les sommets et un point de départ idéal pour rallier le col du Taïbit.
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Roche Plate, accessible depuis le Maïdo, avec une école, une gîte, et une sensation d’être coupé du monde.
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Aurère, plus intime, entouré de champs et de forêts, souvent atteint depuis Deux-Bras ou le col des Boeufs.
Chaque îlet possède au moins un gîte d’étape, des cases traditionnelles, une chapelle parfois, et un petit jardin potager. L’accueil y est simple, sincère, souvent familial, et les soirées se terminent autour d’un cari au feu de bois, sous le ciel étoilé du cirque.
Une terre de randonnée mythique
Le cirque de Mafate est le joyau du GR R2, qui traverse l’île de part en part. C’est également le terrain d’entraînement privilégié de nombreux ultra-traileurs, et le passage obligé du Grand Raid – la Diagonale des Fous, l’une des courses les plus exigeantes au monde.
Mais Mafate n’est pas réservé aux sportifs de haut niveau. On y trouve une multitude de sentiers balisés, de tous niveaux :
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Depuis le col des Bœufs, accès le plus fréquenté, on descend vers La Nouvelle en 1h30 à 2h.
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Depuis le Maïdo, en balcon au-dessus de Mafate, on descend vers Roche Plate ou Trois Roches, avec des points de vue à couper le souffle.
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Depuis Cilaos, en franchissant le col du Taïbit, on rejoint Marla en 3 à 4h de marche.
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L’accès par la Rivière des Galets (Deux-Bras), plus sauvage, permet d’entrer dans Mafate par le nord-ouest, dans un décor grandiose de ravines et de galets noirs.
Le sentier est souvent le seul lien entre les îlets, et chaque pas devient un acte de rencontre, avec la nature, les habitants ou soi-même.
Une biodiversité préservée
Le cirque de Mafate, inclus dans le Parc national de La Réunion, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, est un écrin de biodiversité unique. On y croise des tamarins des Hauts, des fougères arborescentes, des orchidées sauvages, mais aussi une faune endémique, comme le papangue, seul rapace réunionnais.
Le climat, oscillant entre fraîcheur d’altitude et chaleur tropicale, fait fleurir les longoses, les marguerites des montagnes, les bois de couleurs rares. Tout autour, l’érosion sculpte en permanence le relief, rendant chaque visite différente selon la lumière, les pluies ou les nuages.
Conseils pour préparer votre immersion à Mafate
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Pas d’accès routier : tout se fait à pied. Préparez votre itinéraire à l’avance.
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Prévoir au moins une nuit sur place, pour savourer l’ambiance nocturne. Réservez votre gîte.
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Pas de réseau téléphonique dans certaines zones, et peu d’électricité hors panneaux solaires.
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Transport de ravitaillement en hélicoptère : les habitants achètent au compte-gouttes. Soyez respectueux des ressources.
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Randonnez léger mais équipé : de bonnes chaussures, de l’eau, une veste de pluie, une lampe frontale, une trousse de secours.
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Respectez les lieux, pas de déchets laissés, et évitez les bains dans les ravines par temps orageux (risque de crue subite).
Un monde à part, à la beauté radicale
Mafate ne se livre qu’à ceux qui le méritent. C’est un territoire de lenteur, de silence, de verticalité. Chaque montée est rude, chaque descente un défi, mais chaque instant passé là-haut est un cadeau. On y apprend l’humilité, l’émerveillement, le respect d’un rythme plus ancien que soi.
Pas de boutique, pas de route, pas de bruit… et pourtant, une des expériences les plus intenses que l’île de La Réunion puisse offrir. Mafate est un monde suspendu, comme un battement de cœur dans la montagne, prêt à accueillir ceux qui savent écouter, regarder, et avancer pas à pas.
