Le lac-barrage du Chambon est un lac de la vallée de la Romanche entre Le Bourg-d’Oisans et le col du Lautaret. Il fut construit entre 1927 et 1935 pour régulariser le torrent du Ferrand durant l’été et l’automne. Le barrage a une longueur de 294 mètres, une hauteur de 90 mètre et une largeur à sa base de 70 mètres. Le lac de retenue situé à une altitude de 1 040 mètres, occupe une superficie de 130 hectares ! Il porte le nom de l’un des trois villages engloutis à l’issue de sa construction.
Le Barrage du Chambon : un géant d’ingénierie au cœur de l’Oisans
Perché à 1 040 mètres d’altitude, sur la vallée de la Romanche, entre Le Bourg-d’Oisans et le col du Lautaret, le barrage du Chambon est une impressionnante structure construite entre 1927 et 1935 pour réguler les eaux du torrent du Ferrand. Avec ses dimensions colossales – 294 mètres de long, 90 mètres de haut et 70 mètres d’épaisseur à la base – il est l’un des ouvrages hydrauliques les plus imposants de l’arc alpin français. Son lac de retenue, qui s’étend sur 130 hectares, est aujourd’hui un élément incontournable du paysage et un lieu propice à la contemplation.
Un projet titanesque au service de l’hydroélectricité
Dans l’entre-deux-guerres, le développement de l’énergie hydroélectrique est une priorité pour la modernisation industrielle de la région. La vallée de la Romanche, avec ses cours d’eau impétueux descendant des glaciers de l’Oisans, se prête parfaitement à ce type d’aménagement. Le barrage du Chambon a ainsi été conçu pour réguler le débit du torrent du Ferrand en été et en automne, garantissant une alimentation stable aux centrales hydroélectriques situées en aval.
Le chantier, qui a mobilisé des centaines d’ouvriers, fut un exploit technique dans un environnement montagnard hostile. Il fallut détourner la Romanche, creuser de vastes galeries et couler des milliers de tonnes de béton pour édifier cet ouvrage à voûte mince, un type de barrage qui utilise la pression de l’eau pour s’autoéquilibrer.
Un lac de retenue aux paysages majestueux
Derrière la gigantesque muraille de béton s’est formé un vaste lac artificiel, dont les eaux turquoise contrastent avec les cimes escarpées de l’Oisans. Ce miroir d’eau, bordé par des forêts alpines et des falaises abruptes, est un site photogénique et sauvage, souvent ignoré au profit des grandes stations voisines.
Bien que le barrage du Chambon ne soit pas un site de baignade ni de loisirs nautiques, son lac constitue un point de départ idéal pour explorer la vallée. Plusieurs sentiers offrent des panoramas saisissants sur les eaux calmes du réservoir et sur les sommets enneigés alentour.
La mémoire des villages engloutis
Comme de nombreux barrages construits au XXe siècle, celui du Chambon a eu un impact irréversible sur le territoire. Trois villages ont été engloutis sous les eaux pour permettre la formation du lac : Chambon, Le Dauphin et Parizet. Aujourd’hui encore, cette mémoire submergée fascine les visiteurs et rappelle les sacrifices consentis pour l’industrialisation.
Parfois, lors des périodes de vidange du barrage, les vestiges de ces villages réapparaissent brièvement, comme des fantômes du passé surgissant des profondeurs. Ces moments rares attirent les curieux et les passionnés d’histoire locale.
Un axe stratégique en montagne
Le barrage du Chambon est situé sur la route départementale 1091, un axe vital reliant Grenoble à Briançon en passant par le col du Lautaret. Cette route, qui longe le lac, est souvent empruntée par les voyageurs se rendant vers les Hautes-Alpes et l’Italie via le col du Montgenèvre.
Toutefois, le site a connu des perturbations majeures : en 2015, un glissement de terrain a entraîné une fermeture totale du tunnel du Chambon, paralysant la circulation pendant plus d’un an. Ce blocage a contraint les habitants et touristes à de longs détours par l’Italie ou le col du Galibier. Depuis, des travaux ont été réalisés pour sécuriser les infrastructures, et la route est aujourd’hui praticable toute l’année, sauf en cas de conditions météorologiques extrêmes.
Une porte d’entrée vers l’Oisans et ses merveilles
Si le barrage du Chambon reste avant tout un site technique, il s’inscrit dans un cadre naturel d’exception. Il constitue une halte intéressante pour ceux qui explorent les paysages sauvages de l’Oisans :
- À proximité immédiate : le charmant village de Mizoën, avec ses ruelles pittoresques et sa vue sur le lac.
- Randonnées autour du lac : plusieurs sentiers panoramiques permettent d’admirer le barrage et ses eaux d’un bleu profond.
- Accès aux grandes ascensions : le site est sur la route du col du Galibier, du col du Lautaret et du Massif des Écrins, paradis des randonneurs et alpinistes.
- Les Deux Alpes et La Grave : stations prisées des amateurs de glisse et de haute montagne.
Un témoin de l’ingéniosité humaine face aux éléments
Le barrage du Chambon est bien plus qu’un simple ouvrage hydraulique : il est un défi relevé par l’homme face aux forces de la nature, un élément structurant du paysage de l’Oisans et un témoin silencieux de l’histoire locale. Que l’on s’y arrête pour admirer son imposante silhouette, contempler son lac ou méditer sur les villages engloutis, il offre un moment fascinant au cœur des Alpes.