
Islande
Entre l’Europe et l’Amérique, il
La route n°1 fait le tour de l’île et relie des régions qui étaient auparavant isolées par la topographie volcanique de l’île. Plus qu’une simple route, la n°1 est un des symboles du pays. Ainsi, lorsque l’éruption du Grimsvotn en détruit une partie en déversant une furie d’eau et de sable sur la plaine du sud, sa réparation devient une priorité nationale indiscutée.
Le tour de l’Islande en voiture se fait désormais aisément, comme l’atteste l’intérêt croissant des touristes qui sortent des sentiers battus que sont les Blue Lagoon, Geysir et Gulfoss. Que vous ayez prévu une semaine ou quinze jours sur l’île, vous pourrez aisément adapter votre programme et profiter des autres merveilles telles que Myvatn, les sandars, Hofn et les fjords de l’Est ou encore la petite capitale du nord Akureyri et les péninsules de l’ouest.
Tel un quadrilatère, l’Islande est séparée en quatre grandes régions calées sur les points cardinaux. Le tour de l’île pourra se faire dans l’un ou l’autre sens, en partant de Reykjavik. Dans les deux cas, le centre de l’île, l’intérieur, est hostile et difficilement accessible pour un néophyte de la conduite sur piste, même avec un véhicule quatre roues motrices.
On partira donc pour une introduction incontournable avec le Golden Circle. Le site historique de Þingvellir où fut tenu le premier parlement islandais en 930, dans un théatre naturel formé à l’endroit même du rift tectonique qui traverse toute l’île. La même fracture vous mènera vers Geysir (le lieu donna naissance au mot Geyser) et l’impressionnante chute d’eau de Gulfoss.
Chevaux islandais sur la route entre Þingvellir et Geysir
Vous pousserez ensuite en direction de la côte vers Vik, tout au sud, en contournant le fameux glacier Eyjafjallajökull qui causa tant de perturbations aériennes en 2010. La route vous conduit alors à travers d’immenses plaines de sables, les sandars, provoquées par les volcans sous glaciaires qui, lors de leurs éruptions recouvrent toute la région d’alluvions sablonneuses. Les arrêts au parc national de Skaftafell, et plus loin sur le bord du Jokulsarlon pour observer les icebergs, sont incontournables.
Le front du glacier Vatnajökull tombant dans le Jökulsárlón, aisément visible depuis la route.
Les fjords de l’est, ici les pointes de Lambafell vues depuis la route.
Le petit port de Höfn est le point d’entrée vers la région des fjords de l’est. Nous sommes ici à près de 500km de Reykjavik. Les habitants des petits villages de pêcheurs qu’on traverse par la suite ne se rendaient que très rarement à la capitale avant les années 1970, période à laquelle fut terminé le tronçon sud de la route.
Fáskrúðsfjörður où le nom des rues est en Français, en souvenir de l’histoire du village.
On enchaine de nombreux caps et baies pour arriver au village de Fáskrúðsfjörður qui se développa à la fin du XIXe siècle grâce à la présence des pêcheurs Français venus en campagne sur les hauts fonds islandais. Le petit restaurant Café Sumarlína à l’entrée du village sera l’occasion d’une pause culinaire et culturelle, où vous raconterez que vous êtes aussi Français, avant de continuer le voyage vers le nord et la ville d’Egilsstaðir. Celle-ci joue le rôle de capitale régionale. Elle fut d’ailleurs construite de toute pièce après la Seconde Guerre Mondiale à la demande des villages voisins qui ressentaient le besoin d’un désenclavement de la région. La ville est à cheval sur la rivière Lagarfljót , au delà de laquelle le nord commence…
Une fois à Myvatn, il est impossible de ne pas faire une pause aux bains municipaux. Chauffés à 37°C par géothermie, plus tranquilles que le célèbre Blue Lagoon, la vue qu’ils proposent sur le lac de Myvatn et le cadre général sont incomparables.
Si vous cherchez un endroit où vous arrêter quelques jours, faites le à Myvatn. Concentré d’Islande en miniature, la région de Myvatn est à la fois une des zones les plus volcaniques de l’île et un refuge pour la population aviaire de passage. C’est aussi la région la moins pluvieuse d’Islande, car protégée par l’énorme Vatnajokull qui, plus au sud, arrête les perturbations en provenance de l’Océan Atlantique.
Vous prendrez ainsi le temps de quelques balades entre fumeroles et reliefs basaltiques, à pied ou en raquettes sur les bords du lac, sur les pentes des nombreux petits cratères qui parsèment les environs, comme le suggère ce récit d’un séjour à Myvatn réalisé avec cette agence de randonnée en Islande.
Le café Eymundsson dans le centre d’Akureyri fait aussi office de librairie, ou l’inverse.
La route continue vers Akureyri, la capitale du nord. Vous serez surpris par le calme et la sérénité de cette petite ville posée au fond d’Eyjafjörður, un des plus longs fjords islandais. En prenant un verre chez Eymundsson, vous comprendrez aussi l’importance de la littérature dans ce pays qui compte le plus grand nombre de librairies par habitant au Monde. Il faut bien occuper les longues soirées d’hiver.
Profitez de votre présence dans le nord pour faire un détour vers Laufás, de l’autre coté du Fjord. Vous y trouverez quelques rares maisons traditionnelles construites de tourbe séchée à défaut de bois de construction, rare sur l’île. Le musée de Laufas présente aussi une intéressante reconstitution historique de l’habitat et du patrimoine matériel islandais.
Maison traditionnelle islandaise à Laufás dans le Eyjafjörður.
Notre voyage approche de son terme lorsque nous quittons Akureyri. La route est plus directe, et aussi plus fréquentée puisqu’à partir de maintenant, elle relie les deux plus grandes villes du pays. Nous n’aurons pas l’occasion de visiter les terres du nord ouest, sensiblement excentrées; mais il ne faut pas faire l’impasse sur la péninsule du Snæfellsnes, où trone un des plus célèbres volcans de la littérature. Dans Voyage au centre de la Terre, Jules Vernes situe le sommet du volcan Snæfellsjökull comme le début de son aventure.
Le port de Stykkishólmur dans l’ouest. A l’horizon, les montagnes de la péninsule de Snaefellsnes.
Dernière étape avant de terminer le voyage, la petite ville de Stykkishólmur est une option intéressante pour visiter les environs. Les côtes jusqu’à Reykjavik et les larges anses fécondes et protégées comme le Hvalfjörður furent choisies par les premiers habitants venus de Norvège, souvent bannis d’ailleurs. Flâner dans la région est ainsi une excellente façon de mettre un paysage sur les histoires (Le mot saga est d’origine islandaise) que vous aurez lues et qui vous auront donné envie de vous lancer sur un roadtrip en Islande.
La route est balayée par la neige et le vent. Dans quelques kilomètres, Reykjavik.
L’Islande est l’un des meilleurs endroits au monde pour observer les aurores boréales. En hiver, lorsque le ciel est dégagé et que les conditions sont favorables, vous pouvez voir ce spectacle naturel impressionnant presque partout dans le pays. Pour maximiser vos chances, éloignez-vous des lumières de la ville et trouvez un endroit isolé où la pollution lumineuse est minimale.
Outre le célèbre Blue Lagoon, l’Islande regorge de sources chaudes naturelles et de bains géothermiques moins connus mais tout aussi agréables. Par exemple, les bains naturels de Myvatn offrent une expérience relaxante avec une vue magnifique sur les paysages environnants. N’oubliez pas de visiter également les sources chaudes de Reykjadalur et les piscines naturelles de Landmannalaugar pour une immersion totale dans la nature islandaise.
L’Islande est une terre de contrastes et de beauté naturelle, mais la météo peut être imprévisible, surtout en hiver. Planifiez votre itinéraire à l’avance, mais soyez prêt à faire des ajustements en fonction des conditions météorologiques. Consultez régulièrement les prévisions météo et les informations sur l’état des routes pour éviter les mauvaises surprises.
Pour un road trip en hiver, il est fortement recommandé de louer un véhicule 4×4 équipé de pneus neige. Les routes peuvent être glissantes et la visibilité réduite par les tempêtes de neige. Assurez-vous également que votre véhicule est bien équipé avec des chaînes à neige et une trousse de secours. De nombreuses agences de location en Islande offrent des options spécifiques pour les conditions hivernales.
Lors de votre road trip, ne manquez pas l’occasion de goûter à la cuisine locale. Les plats traditionnels islandais incluent le “hákarl” (requin fermenté), l’”hangikjöt” (agneau fumé) et le “skyr” (produit laitier similaire au yaourt). Pour une expérience culinaire plus moderne, Reykjavik offre une variété de restaurants proposant des plats innovants utilisant des ingrédients locaux.
L’Islande, étant une île, dispose d’une abondance de fruits de mer frais. Les langoustines, le saumon, et la truite sont particulièrement populaires. De nombreux petits villages de pêcheurs le long de la route offrent des restaurants servant des fruits de mer fraîchement pêchés. Höfn, par exemple, est célèbre pour ses langoustines.
L’Islande est un paradis pour les randonneurs, avec des sentiers pour tous les niveaux de difficulté. Les randonnées autour de Myvatn, les excursions dans le parc national de Skaftafell, et les treks à travers les paysages volcaniques de Landmannalaugar sont parmi les plus populaires. En hiver, certaines excursions peuvent nécessiter des raquettes ou des crampons.
L’Islande est également un excellent endroit pour observer la faune. En hiver, vous pouvez voir des renards arctiques, des rennes et une variété d’oiseaux marins. Les excursions pour observer les baleines depuis les ports comme Húsavík sont également très populaires et offrent une chance de voir ces majestueuses créatures de près.
Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur et fondateur de Cityzeum

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