Situé sur la commune de Pontigny, dans l’Yonne, l’abbaye du même nom, avec ses 119 m de long, est la plus grande de type cistercien subsistant. Fondée en 1114 par des moines cisterciens venus de monastère de Cîteaux, désireux de vivre selon les règles de Saint-Benoit, l’abbaye de Pontigny, sous l’impulsion de Bernard de Clairveaux, est la « deuxième fille » de Cîteaux. Jusqu’à 1140, les moines présents se contentent d’installations rudimentaires. L’abbaye devenue prospère sous la protection des comtes de Champagne, les constructions sont entreprises. L’abbaye telle qu’on la connaît aujourd’hui est alors édifiée ainsi que les bâtiments entourant le cloître. Les XIIe et XIIIe siècles marquent l’essor de l’influence du site. La quinzaine de granges et de greniers à grains construits dans le périmètre de l’abbaye montrent son opulence. En quelques années, Pontigny donne naissance à 19 abbayes filles, qui en fondent à leur tour 45. Preuve de sa renommée et de son importance, de nombreux abbés de Pontigny deviennent évêque, archevêque ou cardinal. Lieux de piété et de tranquilité, l’abbaye offre en quelques années l’asile à trois évêques de Cantorbéry, Thomas Becket, Etienne Langton et Edmond Rich, enterré sur le site. Canonisé en 1240 et devenu Saint Edme, le corps de ce dernier repose aujourd’hui encore dans une châsse baroque de l’abbaye. Comme de nombreux autres monuments religieux, l’abbaye de Pontigny n’échappe pas aux périodes de troubles qui remuent la France durant des siècles. Pillée durant la Guerre de Cent Ans, elle passe sous le régime de la commende au Xve siècle avant d’être saccagée pendant les guerres de religions. La révolution lui sera fatale. Si l’église abbatiale est épargnée, les bâtiments monastiques sont eux vendus, vidés et utilisés comme carrières. Rachetée au début du Xxe siècle par Pierre Desjardins, professeur et journaliste français qui anima pendant trente ans des réunions annuelles d’intellectuels attachés à la liberté d’opinion, les Décades de Pontigny, l’abbaye est depuis 1967 occupée par la Ligue des diminués physiques pour l’adaptation au travail.
A voir : Le portique du XVIIIe siècle, le porche d’entrée voûté d’arrêtes datant du XIIIe siècle, la nef voûtée d’ogives et d’arcs-boutants, les chapiteaux en pierre blanche, les vitraux à dessins géométriques, le transept ample et austère, l’abside polugonale du XIIe siècle avec déambulatoire et onze chapelles, le dortoir des frères convers, l’aile du cloître du XVIIe siècle, la clôture du choeur, la châsse de Saint Edme de la moitié du XIXe siècle dominant le choeur.
L’église abbatiale de Pontigny, dans le département de l’Yonne, étonne par ses dimensions (longueur de presque 120 mètres), exceptionnelles pour une abbaye cistercienne. Sa construction remonte au XIIème siècle. A l’époque, des moines de l’ordre de Cîteaux (courant catholique suivant les préceptes de Saint-Benoit, prônant une vie d’ascète et rigoureuse religieusement) décident de l’édification d’une abbaye. D’abord très rudimentaire, celle-ci devient prospère à partir de 1140, ce qui permet la construction du bâtiment que l’on connait aujourd’hui. Sa renommée est tellement forte que de nombreux abbés issus de cette église, obtiennent des postes religieux importants. Mais à l’instar de nombreux édifices de cette période, l’abbaye de Pontigny subira de nombreux troubles pendant la guerre de Cent ans, surtout en ce qui concerne les bâtiments monastiques destitués de leur vocation.