Les Antiques

Source : Marc Ryckaert (MJJR) https://en.wikipedia.org/wiki/Saint-R%C3%A9my-de-Provence#/media/File:Saint_Remy_Les_Antiques_R01.jpg

De l’autre côté de la route qui mène au site archéologique de Glanum, on aperçoit deux monuments qui se dressent en dehors de la zone des fouilles de la ville antique : le Mausolée des Jules et l’Arc de Triomphe ont ainsi longtemps été les uniques vestiges visibles de Glanum, avant que celle-ci ne fût sortit de terre. Les deux monuments, datés du Ier siècle avant notre ère, ont été regroupé sous le nom des « Antiques ». Le Mausolée des Jules présente une silhouette originale et peu commune parmi les exemples d’architecture romaine qui nous soient parvenues. On attribue son édification aux Julii, une puissante famille romaine, aux alentours de 20 av. J.C.. Il se compose ainsi d’une base rectangulaire sculptée sur laquelle trône un arc de triomphe, lui-même surmonté d’un temple au sommet pyramidal. A ses côtés, l’Arc de triomphe semble lui aussi daté des -20. Il n’en subsiste de nos jours que la partie inférieures, sur laquelle on observe cependant toujours des sculptures figurant d’une part les conquêtes de Jules César en Gaule et la victoire sur la « barbarie », d’autre part l’installation de la Pax Romana. Le site des Antiques est en accès libre et gratuit.

Les Antiques de Saint-Rémy-de-Provence : porte d’entrée monumentale sur la mémoire de Glanum

À quelques pas du site archéologique de Glanum, au bord de la route menant à Saint-Rémy-de-Provence, deux silhouettes antiques dressent leurs lignes claires sur fond de garrigue et d’oliviers. Connus sous le nom collectif des Antiques, le Mausolée des Jules et l’Arc de Triomphe constituent l’un des ensembles funéraires et honorifiques les mieux conservés de la Gaule romaine. Isolés un temps dans le paysage, ils furent les seuls témoins visibles de l’ancienne cité gallo-romaine avant sa redécouverte au XXe siècle. Accessibles librement, ils offrent aujourd’hui une plongée saisissante dans l’art monumental romain, dans un cadre naturel d’une grande beauté.

Une double fonction : mémoire et prestige

Ces deux édifices, érigés au tout début de notre ère (vers 20-10 av. J.-C.), répondent à deux logiques complémentaires typiques de la civilisation romaine : commémorer et impressionner.

  • Le Mausolée, édifié par une riche famille romanisée, les Julii, rend hommage à leurs ancêtres tout en affirmant leur loyauté à Rome. Il s’agit autant d’un tombeau familial que d’une déclaration de statut, érigée le long de la voie romaine qui menait à Glanum.

  • L’Arc de Triomphe, lui, servait probablement à marquer symboliquement l’entrée dans le territoire urbain de Glanum. Il célèbre les victoires militaires de Rome, en particulier en Gaule, et l’établissement de la Pax Romana.

Ces deux monuments, réunis dans un même espace visuel, sont une parfaite introduction aux valeurs de la Rome impériale : puissance, civilisation, mémoire familiale et ordre établi.

Le Mausolée des Jules : un tombeau à trois étages, unique en son genre

Par sa forme et son ornementation, le Mausolée des Jules est un monument exceptionnel, sans équivalent exact dans le monde romain. Haut de plus de 18 mètres, il présente une structure tripartite rarissime, qui mêle trois registres architecturaux distincts :

  1. Le podium, ou base, est orné de scènes sculptées en relief représentant des exploits militaires et des épisodes mythologiques, parmi lesquels on distingue des combats, des prises de butin et des gestes d’héroïsme. Ce socle est conçu pour ancrer le monument dans l’univers des vertus romaines, notamment la bravoure (virtus) et la piété (pietas).

  2. L’arcade centrale, qui évoque une arche de triomphe, forme le cœur du monument. Ses colonnes corinthiennes soutiennent une voûte en berceau et encadrent une niche où l’on suppose que les statues des défunts ou de leurs protecteurs divins étaient autrefois installées. Ce niveau symbolise le passage entre le monde des vivants et celui des morts, un seuil sacré et honorifique.

  3. Le temple sommital, à quatre colonnes, évoque un petit sanctuaire, avec un toit à double pente surmonté d’un couronnement pyramidal. Il abritait vraisemblablement les statues des Julii divinisés, ou de figures mythologiques censées garantir la protection éternelle du lignage.

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L’ensemble du mausolée est décoré avec une finesse exceptionnelle, notamment dans les chapiteaux corinthiens, les frises de feuillages et les bas-reliefs. Sa conservation quasi intégrale en fait une source précieuse pour l’étude des monuments funéraires romains hors d’Italie.

L’Arc de Triomphe : Rome au seuil de la Provence

Juste à côté du mausolée se dresse un arc de triomphe plus modeste en hauteur, mais non moins significatif. Daté de la même époque (probablement aussi autour de -20), cet arc marquait l’entrée nord-est de Glanum, à la jonction entre la cité et les routes vers Arles et la vallée du Rhône.

Si sa partie supérieure (l’attique) a disparu, la base et les piliers sont encore bien conservés. On y distingue, malgré l’usure du temps :

  • Des scènes sculptées représentant la soumission des peuples « barbares » à l’ordre romain : figures enchaînées, symboles de butin, têtes coiffées de peaux de bêtes.

  • Un registre végétal et décoratif, qui évoque l’abondance et la prospérité sous l’égide de Rome.

L’arc joue ainsi un double rôle politique : il rappelle la conquête de la Gaule, et il illustre la promesse d’un avenir pacifié grâce à l’intégration dans l’Empire. On parle ici de propagande impériale en pierre, parfaitement lisible pour les passants et voyageurs de l’époque.

Un site en accès libre, aux abords immédiats de Glanum

Les Antiques sont situés hors de la clôture du site archéologique de Glanum, sur une petite esplanade arborée, facile d’accès depuis la route D5. Leur emplacement a été respecté au fil des siècles, même lorsque la cité de Glanum fut abandonnée, puis recouverte d’éboulis et oubliée jusqu’aux fouilles du XXe siècle.

Jusqu’au début du XXe siècle, ces deux monuments étaient les seuls témoins visibles de l’antique Glanum, suscitant la curiosité des érudits et des artistes. Ils furent dessinés, décrits, photographiés, et jouèrent un rôle important dans la redécouverte du site voisin.

Aujourd’hui, ils sont parfaitement mis en valeur, avec des panneaux explicatifs trilingues, une signalétique discrète, et une atmosphère propice à la contemplation ou à la photographie.

Conseils de visite

  • Accès : en voiture ou à pied depuis Saint-Rémy-de-Provence (25 min de marche).

  • Tarif : accès libre et gratuit, 24h/24.

  • À faire : visiter les Antiques en amont ou en aval du site de Glanum, dont l’entrée se trouve juste en face.

  • Moments idéaux : le matin tôt ou en fin de journée, quand la lumière rasante souligne les détails des sculptures.

Une étape monumentale sur la route du souvenir

Les Antiques sont bien plus qu’un arrêt photo au bord d’une route : ce sont des manifestes de pierre, qui nous parlent de mémoire familiale, de fierté romaine, d’intégration locale à l’Empire, et de la volonté des élites provinciales de se projeter dans l’éternité à travers l’architecture.

À eux seuls, le mausolée et l’arc forment une clé d’entrée idéale pour comprendre l’esprit de la romanisation en Gaule, et préparent le regard à la découverte plus vaste de Glanum. Leur accès libre, leur lisibilité immédiate et leur force esthétique en font un incontournable, à la croisée de l’histoire, de l’art et du paysage provençal.

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Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : avril 2025

Plan Les Antiques

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Infos pratiques Les Antiques

  • Adresse : Avenue Van Gogh, 13210
  • Itinéraire vers Les Antiques : voir la carte
  • Prix et tarifs entrée Les Antiques :

    Entrée libre

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