Pour une agréable balade n’hésitez pas à emprunter cette avenue. Appelé aussi Paseo de Marti, il est situé entre le Malecon et le Capitole. Avec ces splendides demeures aux couleurs pastel, ses petits bancs et ses lampadaires de style Art Déco qui longent la promenade il est facile de s’imaginer le glorieux passé de la Havane. Cet endroit animé est également un point de rencontres stratégiques très appréciés des Cubains. Coup de cœur pour cet endroit très couleur locale !
Le Prado de La Havane : entre splendeur passée et vie populaire
Axe emblématique de la capitale cubaine, le Prado de La Havane, ou Paseo de Martí, est bien plus qu’une avenue : c’est une scène vivante, un musée à ciel ouvert, un trait d’union entre la mer et le cœur colonial de la ville. Situé entre le Malecón, cette célèbre digue bordant la mer des Caraïbes, et l’imposant Capitole, ce boulevard bordé de palais néoclassiques, de villas décolorées et de platanes centenaires incarne à lui seul le style et l’âme de La Havane.
Conçu comme une promenade piétonne centrale, encadrée de chaussées latérales, il offre un parcours fluide et aéré, idéale pour flâner, observer le quotidien des Habaneros, admirer l’architecture ou s’imprégner de la mémoire d’une ville au passé cosmopolite.
Une histoire d’élégance et de pouvoir
Le Paseo del Prado fut initialement aménagé en 1772 par le gouverneur espagnol Felipe Fons de Viela, ce qui en fait l’un des plus anciens boulevards d’Amérique latine. Réaménagé en profondeur au début du XXe siècle par l’urbaniste français Jean-Claude Nicolas Forestier, qui appliqua à La Havane les principes du classicisme parisien et barcelonais, il devint rapidement l’avenue la plus prestigieuse de la ville, siège du pouvoir, du prestige social et de la vie culturelle.
Forestier s’inspira notamment des Ramblas de Barcelone, qu’il adapta aux conditions climatiques et au tissu urbain cubain : allée centrale arborée, bancs en pierre, lampadaires Art déco, statues de lions en bronze (réalisées à partir de canons espagnols fondus), parterres carrelés de mosaïques… Le résultat est un compromis unique entre Europe et Caraïbes, à la fois raffiné et populaire.
Une promenade architecturale et sociale
L’avenue est bordée de demeures cossues du début du XXe siècle, aux façades pastel, tantôt en ruine, tantôt restaurées avec soin. Ces édifices évoquent le passé bourgeois de La Havane, lorsque la ville, au tournant du siècle, était une destination prisée des élites espagnoles et américaines. Aujourd’hui, ils abritent des écoles de danse, des ateliers d’artistes, des appartements familiaux et parfois des hôtels de charme, dans un mélange typiquement cubain de fonction et de poésie architecturale.
À toute heure, mais particulièrement le matin et en fin de journée, le Prado devient un théâtre de la vie quotidienne :
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Enfants jouant au foot entre deux bancs ;
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Vieilles dames conversant à l’ombre des platanes ;
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Jeunes danseurs répétant face à leur reflet dans les vitrines d’immeubles désertés ;
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Marchands ambulants de fruits, beignets ou cigares artisanaux ;
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Peintres de rue, vendeurs de souvenirs ou d’affiches vintage, alignant leurs œuvres sur les pavés.
Un lien entre mer, pouvoir et ville coloniale
Le Prado relie en ligne droite deux pôles emblématiques :
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Au nord, le Malecón, front de mer rugueux et romantique, où les vagues viennent s’écraser contre les murets, et où l’on vient s’asseoir pour discuter, draguer, ou simplement regarder l’horizon ;
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Au sud, le Capitole, imposant édifice inspiré du Capitole de Washington, qui fut autrefois le siège du gouvernement cubain, et demeure un symbole d’autorité et d’ambition architecturale.
Entre ces deux extrémités, le promeneur traverse différents quartiers : le Centro Habana, encore populaire et effervescent, et la Vieille Havane (Habana Vieja), classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, avec ses ruelles pavées, ses patios cachés, et ses édifices coloniaux somptueux.
Le Prado marque donc un trait d’union symbolique entre la ville d’hier et celle d’aujourd’hui, entre le patrimoine figé et la vie mouvante, entre l’aristocratie d’antan et le peuple d’aujourd’hui.
Le Prado aujourd’hui : un cœur toujours battant
Le charme du Prado ne réside pas uniquement dans ses façades ou son tracé géométrique, mais dans son intensité humaine. Malgré les aléas économiques et les restaurations parfois inégales, il reste un lieu d’expression libre, un repère affectif pour les Habaneros, un décor vivant pour le promeneur curieux.
Les week-ends, la promenade se transforme parfois en galerie d’art en plein air, avec des expositions temporaires de peintres ou d’artisans locaux. Des concerts improvisés, des parades, des performances de rue s’y déroulent de manière spontanée, donnant au lieu une vitalité organique, à la fois spontanée et intemporelle.
Conseils pour une visite réussie
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Marchez tôt le matin ou en fin de journée, pour éviter la chaleur et profiter de la lumière douce sur les façades.
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N’hésitez pas à vous asseoir sur les bancs, à observer, à prendre le temps : le Prado est un lieu de flânerie, pas de transit.
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Pour prolonger la visite :
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Remontez jusqu’au Malecón pour le coucher du soleil ;
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Redescendez vers le Capitole et poursuivez dans la Vieille Havane pour une immersion dans le patrimoine colonial ;
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Faites un détour par le Gran Teatro de La Habana, bâtiment somptueux en bordure du Prado.
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Soyez attentifs à la vie des Cubains : le Prado est un lieu où l’on peut encore saisir, dans le simple geste d’un passant ou la pose d’un joueur d’échecs, l’essence de la Havane authentique.