En sortant, prenons à gauche pour aller vers l’entrée de la fameuse bibliothèque des prémontrés. Tout d’abord, il faut se dire que la présence d’une bibliothèque dans un monastère n’a rien de surprenant. C’est même une règle. L’étude a toujours été l’une des prérogatives essentielles de la vie monastique. Les prémontrés ne font pas exception. On peut même affirmer que l’image de cet ordre fut toujours étroitement associée à l’étude, mais aussi au raffinement et à l’art. Car les prémontrés furent de grands mécènes. L’abbaye de Strahov ne trahit pas ce constat ; bien au contraire, elle le confirme. En effet, dès 1143, soit à peine trois ans après sa fondation, le couvent était déjà célèbre pour sa bibliothèque. Bien que pillée, détruite, à plusieurs reprises, cette bibliothèque sera toujours reconstituée patiemment par les chanoines de Strahov. Aujourd’hui, elle possède un fonds évalué à plus de 130 000 ouvrages, dont 2000 incunables. Les incunables sont ces livres imprimés entre l’année 1450 et 1500 soit au tout début de l’imprimerie. D’ailleurs, « incunables » vient d’un mot latin qui veut dire « berceau ». Et tout naturellement, avec une telle richesse, la bibliothèque joue le rôle d’un centre de recherche spécialisée dans l’Histoire de la Bohême. Avant d’entrer dans la Bibliothèque, jetons un coup d’œil à sa façade dont l’aspect est très éloigné de celle de l’église. On est d’abord surpris. La vitalité baroque de Notre dame de l’assomption a laissé place ici à un style plus austère, plus ennuyeux aussi, caractéristique de la fin du 18e siècle.

Prague
Situé à 1h30 d’avion niché






